
Au Slow Club, embrassons-nous jusqu’au petit matin
Mardi, je me suis réveillé dans un lit qui n’était pas le mien, dans un appartement qui n’était pas le sien. Il était midi et nous émergions à peine. Dans la cuisine, elle furetait à la recherche d’un sachet de thé. Dans le minuscule salon, il y avait un vieux Lylo qui traînait. Pour me donner une contenance face au silence gêné du premier matin qui s’insinuait, je l’ai feuilleté, l’air faussement nonchalant. Au 9 janvier, je suis retombé sur la programmation de la Flèche d’or, Slow Club y était prévu ; ils ne sont malheureusement jamais venus.
Ah, Slow Club, c’est ce groupe dont Chryde avait déjà dit ici un – trop court – mot en juin dernier. Léger, enthousiaste, leur « You & Me » collait parfaitement à la saison : on se roule des pelles comme des adolescents, on allonge les apéros sur les pelouses jusque tard, avec les gosses, les amis, les vélos. On ne sait pas encore que sept mois plus tard, alors que les gants sont de sortie et les cols remontés jusqu’au menton, on repenserait à eux.
Slow Club, ce sont deux Britanniques, elle, blonde comme les blés à la batterie, lui, un faux air d’Ed « Grizzly Bear » Droste qui se démène sur scène comme un contorsionniste accroché à une guitare. Ils font des chansons dont on parsème immanquablement les compilations, offertes à celles et ceux dont on veut attirer l’attention par des tracklisting subliminaux, subtilement agencés.
(une meilleure captation live de « Because we’re dead » est disponible en vidéo chez Lastfm)
Dans le salon, j’élaborais déjà de tête une compilation à lui faire à base de Slow Club. Il y a le choix maintenant, chez eux : à coups d’EP et de singles, on arrive à constituer la trame d’un album entier gros d’une dizaine de titres.
Mais comment lui faire comprendre, dans ce petit salon encombré où chacun de nous deux parlait du fond de canapés opposés, louchant sur notre fond de Twinings, que notre histoire fugace et d’avance trop courte ressemblait aux ballades enjouées des deux Britons ? Ils ne sont pas les premiers à nous le faire, le coup du duo tantôt en duel vocal, tantôt en chœur, habillé d’une fraicheur toute pop et colorée, à nous raconter grandeur et décadence d’un couple en deux coups de guitare et de voix mêlées (« Apples and Pairs »). Ils le font bien, avec ce qu’il faut de percussions et de rythme frétillant.
Pas impossible que ces deux-là se retrouvent repris dans la bande-son d’une série télévisée pour romantiques en manque. Ce serait dommage, ils valent tout de même plus que cela. Rebecca et Charles savent faire des chansons et surtout savent les chanter, exercice aussi périlleux que déjà défriché maintes fois. Avec leurs chansons qu’on lance sitôt sorti du lit, leur fausse naïveté au détour des paroles, il y a une envie de faire l’imbécile pour faire rire, de repousser la fermeture des bars, de déambuler en pleine nuit et de croire en des instants meilleurs, aussi éphémères soient-ils.
Sur le chemin du retour, après avoir pris congé dans une décontraction surjouée et dévalé les cinq étages, je fredonnais bêtement « Let’s fall back in love » en dandinant la tête. Un joli titre pour ouvrir une compilation, assurément. Dommage que je ne connaisse même pas son nom de famille pour lui envoyer.







Au Slow Club, embrassons-nous jusqu’au petit matin
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26 février 2009, par gab
Au Slow Club, embrassons-nous jusqu’au petit matin
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28 février 2009, par Anne
Au Slow Club, embrassons-nous jusqu’au petit matin
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28 février 2009, par Manuuu
Au Slow Club, embrassons-nous jusqu’au petit matin
Très joli article, même si j’enrage de me sentir si peu original : l’air de Christmas TV de Slow Club m’accompagne depuis le premier rendez vous avec une fille géniale...
PS : un concert en France est il bientôt prévu ?
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7 avril 2009, par Antoine
RE : Au Slow Club, embrassons-nous jusqu’au petit matin
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14 avril 2009, par Furtif