Aberfeldy
Parfois, je me demande quelle influence peut vraiment avoir une vilaine pochette sur les chiffres de ventes d’un disque. Une pochette ratée, moche, dégueulasse, peut-elle à elle seule plomber définitivement la carrière commerciale d’un groupe ? Je ne sais pas pour vous mais en ce qui me concerne, aussi superficiel que ça puisse paraître, une pochette-repoussoir peut parfois se mettre (violemment) en travers de mon envie d’écouter un album.
Prenez par exemple Young Forever, le premier album d’Aberfeldy sorti en août 2004. La pochette est laide : couleurs pauvres, dessin un rien vulgaire, ensemble terne au possible, potentiel d’enchantement quasi nul. Noyé au milieu du raz-de-marée de disques qui nous inonde à chaque rentrée, aucune chance pour lui de sortir du lot avec un tel handicap. Je me souviens très bien l’avoir vu dans les bacs mais n’avoir eu aucune envie de le prendre dans mes mains (beurk). Il m’aura finalement fallu un an, un peu de hasard et d’atermoiements pour me décider à enfin écouter l’album, et parvenir à ce jugement sans appel dès la fin de sa 1ère rotation : s’il existe chez Rough Trade Records un directeur marketing (ou artistique, qu’importe) qui a validé fièrement la publication de cette pochette qui trahit tant la luminosité de la musique qu’elle est censée illustrer, alors celui-ci ferait mieux de changer de métier. Car la seule chose ratée dans ce disque affectueux, c’est bien la pochette.
Il faut redonner sa chance à Young Forever. C’est un 1er album enchanteur, cohérent, bourré de vignettes pop acoustiques chaleureuses, simples mais raffinées. On y retrouve parfois la sensibilité mélancolique de certains compatriotes Ecossais (un air de Belle & Sebastian ou de Camera Obscura, mais un air seulement, peut-être à cause de ces ravissants chœurs féminins) ; souvent, on y décèle aussi la même spontanéité que chez les cousins américains Papas Fritas. Ca fait une belle lignée tout ça. Pour preuve de ces 2 faces complémentaires, je vous propose d’écouter le délicat Slow Me Down puis le fantaisiste Heliopolis By Night, en sachant que tous les autres morceaux sont tout aussi attachants.
Dans un monde parfait, Aberfeldy vendrait plus de disques que James Blunt. Mais il n’est pas parfait ce monde. Et ça, c’est un peu la faute des designers de pochettes.
A la semaine prochaine.







> Aberfeldy
Répondre à ce message
26 octobre 2005, par Pradoc
> Aberfeldy
Répondre à ce message
26 octobre 2005, par dmao
> Aberfeldy
Répondre à ce message
26 octobre 2005, par Franswa
> Aberfeldy
Répondre à ce message
1er novembre 2005, par Tigermilk
RE : > Aberfeldy
Répondre à ce message
1er novembre 2005, par godspeed
> Aberfeldy
Répondre à ce message
6 novembre 2005, par bebete