La Blogothèque
Concerts à emporter

Cody Chesnutt

J’ai toujours été fascinée par les gens qui ont un effet apaisant immédiat sur les autres. Ceux qui possèdent cette impalpable aura capable de calmer n’importe quel maux par leur simple présence, ceux qui vous poussent inconsciemment à respirer un grand coup et à mettre en sourdine (au moins provisoirement) ce qui vous torture – de l’élan de stress quotidien aux obsessions les plus latentes et indélogeables.

J’imagine que c’est un truc d’éternelle anxieuse – allez, une sorte de pouvoir magique (il faut bien qu’on en ait) – que de savoir les reconnaitre immédiatement, et il ne m’a pas fallu deux minutes pour comprendre que Cody Chesnutt faisait clairement partie de cette catégorie là.

Nous étions en plein coeur de Paris, sur une place bruyante où les Parisiens pressés et les touristes se croisent dans un étrange ballet plus ou moins chorégraphié, et l’arrivée de Cody a comme éteint instantanément l’incendie qui brûlait autour de nous.

Cody a cette voix qui ne s’élève jamais, une bienveillance folle, même pour les parfaits inconnus que nous étions, et une troublante manière de sembler totalement imperméable à l’agitation qui règne autour de lui, ce qui ne l’empêche pas d’être profondément concerné par ce qui l’entoure.

Nous avons parlé, longuement. De musique bien sûr, de ce drôle de monde qui part, il faut bien l’avouer, chaque jour un peu plus en sucette, des livres que nous venions de lire, d’histoire, d’Atlanta où il vit, de ses enfants, de nos passions, et c’est avec ce même timbre tout en retenue, avec ce même calme détaché et une mansuétude étourdissante que Cody nous a entrainé dans une des allée du Marché aux Fleurs et aux Oiseaux pour jouer un titre plus qu’à propos : “The Green Leaf Is My Medicine”.