La Blogothèque
Concerts à emporter

Talune – Leenane

Une bande de potes, seuls dans une chapelle au bout du monde. Et une chanson grave, belle, qui occupe magnifiquement l’espace.

Ce film, c’est une histoire de potes. Pas les miens de potes, ceux d’Aelred, le réalisateur. Talune, ce sont ses vieux amis, et bien plus que du simple copinage, il y avait une véritable envie, une conviction solide qu’ensemble, ils ramèneraient un beau film, un film sincère. Ils sont partis ensemble. Ils sont revenus, et j’ai plus entendu d’histoires que je n’ai vu d’images ou écouté de chansons. Ça se marrait, ça parlait de virées dangereuses en bateau, d’alcool et de vagues trop fortes. Ça avait l’air vif, joyeux.

Et puis, Aelred débarque avec ce film. De la virée en bateau ne resteront que quelques plans d’intro. Le reste, je ne m’y attendais pas. Le silence du départ, la force du vent, la solennité de ce regard plaintif qui semble, avant chaque couplet, marcher sur des oeufs. Et cette chanson forte, lente, à mille lieux des débordements joyeux imaginés. Ils ont eu lieu, à n’en pas douter, mais l’amitié est aussi faite de ces moments là, de ces silences d’après la fête, quant tout est ramassé, intense, comme ralenti.

Aelred a écrit un petit texte. Et en dessous d’un petit texte, il m’a écrit à moi, et ça disait tout : “Le film parle déjà pour lui même, ce film c’est mon histoire, mon texte. Pour te dire, c’était un moment tellement particulier pour nous, c’était un tout, la grande amitié qui nous lie, l’envie de faire un film, l’amour des concerts à emporter, la passion d’aller errer vers “des bouts du monde”, cette belle musique de Talune qui nous enchante tant, les tempêtes de l’ouest qui ont bercées nos enfances.”