La Blogothèque
Concerts à emporter

Loney Dear

A 13h ce vendredi-là, je pestais contre ce tournage prévu avec Loney Dear qui changeait d’orientation toutes les 3 minutes et semblait ne jamais devoir se faire. 16h plus tard, tout était pardonné.

Parfois, il faut savoir ne pas écouter ces petites alarmes qui sonnent dans votre tête lorsque les choses ne se déroulent pas exactement comme prévues. C’est même souvent dans l’énergie de la dernière minute que de petits miracles arrivent. Ou, pour être plus modeste, d’excellentes surprises.

Et pour les quelques festivaliers chanceux du Heart of Glass, Heart of Gold qui, sur le coup de 3h30 du matin, rentrant à moitié chancelants vers leur bungalow et une petite nuit de sommeil, tombèrent sur Emil et ses deux musiciens en train d’interpréter “Sum”, la surprise dut être très bonne.

Comment ce public de fortune qui s’était amassé discrètement, un peu ébahi, au pied d’un des arbres du chemin, aurait-il pu deviner que les Loney Dear venaient tout juste de débarquer au beau milieu de l’Aveyron, après 22h de voyage ? Comment auraient-ils pu, ces heureux élus, savoir que sans cesse au cours de la journée, nous avions hésité sur l’heure du tournage, sur la possibilité de compléter le trio par cinq autres musiciens présents sur le festival, sur le décor le plus adéquat, le tout en communiquant tant bien que mal avec un Emil bouillonnant qui nous appelait entre deux avions, parfois avant même d’en être descendu (!) ?

Rien, en effet, ne trahissait le fait que quelque minutes avant, alors que leurs valises venaient de toucher le sol de leur bungalow, nous nous étions rencontrés, salués puis dit : “let’s go, let’s do it now” dans un mélange d’excitation et d’étonnement face à notre propre regain d’énergie.

Rien, dans cette musique dont on ne sait pas vraiment si elle réveille la forêt ou la plonge plus encore dans un rêve profond, ne trahissait une quelconque fatigue ou lassitude. Il ne s’agissait que de légèreté, de délicatesse, d’une douce mélancolie au milieu des arbres ; et leurs feuilles, que la lumière faisait passer du vert à l’orange, nous offraient un décor parfaitement étrange.

Souvent, on court après la beauté, en vain. Cette-fois, heureusement, nous avions encore la force de rester debout pour qu’elle vienne nous cueillir au beau milieu de la nuit.

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Un grand merci à toute l’équipe du Heart of Glass, Heart of Gold qui nous a accueilli de nouveau cette année.