La Blogothèque

Magic Saudaá – Épisodes 3 et 5

Ok, c’est vrai que c’est un peu le bordel dans l’ordre des épisodes et que nous même on a du mal à suivre. Mais il faut dire qu’il s’est passé pas mal de choses durant les deux derniers mois qui ont suivi la dernière carte postale vidéo de Street Organ Ritornellos. Depuis, Alexis Paul et son orgue mécanique ont traversé l’Argentine, le Chili, le Japon et même la Mongolie. Toujours mû par l’idée d’entrer en résonance avec les forces visibles et invisibles qui peuplent ces nouvelles étapes.

Épisode #3 : l’Argentine

C’est donc tout naturellement qu’Alexis a tracé – lors de son passage à Buenos Aires – un parallèle avec L’Invention de Morel, un livre de l’argentin Adolfo Bioy Casarès . Cette nouvelle, parue en 1940, raconte « l’histoire d’une machine capable d’enregistrer la vie dans l’ensemble de ses dimensions et ainsi d’empêcher la disparition par la répétition éternelle. ». « De toute évidence, confie Alexis dans ce très bel extrait de son carnet de voyage, je ne pouvais passer à coté d’un livre si proche de mon projet, qui parle de mécanique, de fantômes et de désuétude ». Dans cette optique, Alexis a tenté de « devenir –  le temps de la résidence – une sorte de Morel (l’inventeur de cette machine) et de capturer pour l’éternité, avec son orgue, les souvenirs de son propre voyage ». Et, au gré des hasards qui n’en sont pas vraiment, des rencontres pas si fortuites et surtout guidé par cette « pensée magique »  comme il l’appelle lui-même, la performance d’Alexis a fini par devenir une incarnation totale de cette histoire, avec tous ses tenants et ses aboutissants. Et en voici aujourd’hui un fragment, réalisé et monté par Orlando Quintanilla.

Épisode #5 : le Japon

Et en parlant de résonance toujours, c’est dix-huit mille kilomètres plus loin qu’Alexis trouve un écho à une œuvre vidéo de Jorge Macchi vue à Buenos Aires et mettant en scène un conte japonais, « La Balade de Matsuyama ». Une fois de plus, il y est question de coïncidences qui n’en sont pas, de plusieurs mondes que des milliers de kilomètres et une centaine d’année séparent mais qui sont pourtant reliés par des connections et des forces invisibles. De la même manière, ce cinquième épisode de Magic Saudaá devient ce liant magique « entre les différents musiciens japonais qui ont pris part au projet : Reiko Imanishi au Koto (une sorte de cithare traditionnelle à cordes en fil de soie), Ami Yamasaki à la voix et Fujita Yosuke à l’orgue. Bien que chacun d’entre eux ait accompagné Alexis, indépendamment, ils sont réunis ici et font partis du même récit » se déroulant entre le Mont Fuji et les terres sacrées de la Péninsule du Kii. Réalisé et monté par Ayumi Yoshida, ce cinquième épisode vous plonge dans la nature sauvage et secrète japonaise.

Vous pouvez revoir le premier épisode de Magic Saudaá par ici, mais aussi relire Alexis nous présenter son projet dans cette longue interview.

Les carnets de voyage d’Alexis sont en ligne sur le site dédié à Street Organ Ritornellos.