La Blogothèque
Concerts à emporter

Okay Kaya

Les chansons d’Okay Kaya ont toute en commun une lenteur exceptionnelle. Elles se déploient chuchotées, prennent chacune le temps d’arriver, comme si elles étaient conscientes de la fragilité de la voix qui les porte. Peut-être est-ce parce que Kaya est grande et mince, qu’elle a appris à faire sienne une délicatesse démesurée, afin de ne pas se cogner, afin d’être en instable harmonie avec le monde.

Et c’est tellement doux, tellement bas, qu’elle a beau être la moins bruyante, elle est celle vers qui on tend l’oreille. Pour que peu à peu, on soit si près que les tintements des verres et des assiettes deviennent à peine plus qu’un brouillard.

Il y avait eu une chanson chantée comme celle-ci, chuchotée à un seul et enregistrée dans la multitude. C’était “If I ever love someone” de My Brightest Diamond. Je suis heureux de la parenté de ces deux concerts à emporter.