La Blogothèque
Concerts à emporter

Vacarme

On les regretterait presque déjà, ces heures douces, ces heures des débuts d’été qui s’étirent au delà du soir tombé, qui nous voient investir la nuit avec indolence. On est assis à une terrasse de café, on reste appuyé contre un mur, on marche avec une lenteur qu’on ne croyait plus possible, que l’on feint même de découvrir, et l’on peut rester là longuement, à savourer, à ne rien faire d’autre qu’écouter deux violons et un violoncelle glisser sur l’air doux de la fin de soirée, tournoyer chacun pour soi et pourtant ensemble.

Ils sont trois, ils s’appellent Vacarme, et c’est tout l’inverse qu’ils font là : il y a bien quelques griffures, quelques poussées ça et là, mais même la mélancolie qui sourd de cette musique participe du calme, de la belle paresse de cette soirée d’été. C’est une musique inconfortable et douce à la fois, une musique fantomatique. C’est la ville qui grince et baille, s’accoutume à la nuit, et aux spectres qui la peuplent, comme ce visage caché dans une arrière-cour, qui se révèle soudain, écoutant les trois instruments à corde finissant leur second morceau.