La Blogothèque
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Villagers – Hot Scary Summer

Nous aimions jusqu’ici voir en lui un incroyable conteur. Conor O’Brien nous racontait des histoires. Il savait nous accrocher au seul rythme de sa scansion, et aurait pu se satisfaire de cela, mais non, il aimait en plus les habiller, ces histoires, les mettre en scène, les rendre puissantes, orchestrées, épiques, dansantes. Ce petit être timide savait nous transporter.

Et puis le revoilà, avec une barbe longue et bien taillée. Il a toujours ces yeux très bleu, très vifs et curieux, comme prêts à bondir. Il a une nouvelle guitare, et il a encore des choses à nous raconter. Elles sont juste intimes, cette fois.

 

Il a ouvert les portes de la Chapelle Expiatoire. Le lieu était aussi splendide que vide, comme une coquille, prête à recevoir autant qu’à renvoyer ce qui serait chanté. Les lieux à haute réverbération ont cette force singulière de renvoyer comme un reflet de ce qui vient d’être chanté à celui qui l’a chanté. La force, la profondeur d’un chant n’en sont que décuplées. Et Conor, qui se livrait dans une chanson particulièrement intime, ne nous transportait pas plus loin que sur ce visage, qui entend ce qu’il chante et raconte dans l’infime toutes les cicatrices qui ont donné naissance à ce morceau.