La Blogothèque
Concerts à emporter

Spoon

Dans les allées du Knockdown Center, aucun objet n’est assez volumineux pour occuper l’immense espace qui s’étend entre les murs.  C’est ce qui a tout de suite frappé Britt Daniel, lorsqu’il est venu nous rencontrer, en Octobre dernier, sur le tournage de notre  production, Debut. L’espace a cette étrange habileté à tirer les émotions hors de nos corps, afin, peut-être, qu’elles comblent le vide alentours et nous permettent de retrouver l’équilibre, le temps d’un instant.

Nous commençons par investir un recoin barricadé de ce nouveau terrain de jeu, où nos deux protagonistes évoquent des souvenirs, décousus, d’amours déjà perdues. Soudain, l’espace semble se remplir de toute leur rédemption mais également de leurs nouvelles promesses. Le son résonne dans les oreilles d’Hannah Epperson, leur seul public, occupée à savourer  un bol de flacons d’avoine en guise de petit déjeuner.

Enfin, nous nous frayons un chemin vers l’extérieur en passant par les catacombes  du niveau inférieur. Nous arrivons dans une pièce sans toit, où l’on peut encore ressentir les vibrations laissées par The Wilder Papers  il y a presqu’un an de cela. C’est alors que Britt laisse s’échapper des notes qui lui semblaient impossible à atteindre lors des répétions, plus tôt ce soir là, et qu’il remplit l’épave de ce bâtiment, depuis longtemps abîmé, du murmure de sa chanson.

 

Traduit de l’anglais par Johan Diouf