La Blogothèque
Concerts à emporter

NO CEREMONY///

NO CEREMONY///, c’est l’exaltation malgré la souffrance. C’est un groupe qui prend les cendres de sa tristesse pour en faire des confettis, qui en fait des caisses quand le cœur n’y est plus et danse jusqu’à l’overdose même lorsque les jambes ne semblent plus pouvoir porter le corps. C’est de la dance de club pour soigner la dépression – une idée qui ne fonctionne et ne naît, semble-t-il, que dans les bas fonds de sainte-Manchester et qui a accompagné mes pires moments de spleen l’année passée.

 

NO CEREMONY///, c’est aussi, avant tout, beaucoup de machines, de câbles, de branchements et de beats. Tout un assemblement d’électronique qui déforme les voix, qui leurs donnent cette pâleur fantomatique et confère à l’électro du trio devenu quatuor un son métallique, robotique, quelque chose de presque inhumain.

Ils étaient donc terrifiés. Terrifiés à l’idée de jouer dans la rue devant des enfants et dans cette laverie de quartier sans âme. Terrifiés de se mettre pour la première fois à nus. Et surtout de déshabiller leurs morceaux à ce point, de les racler jusqu’à l’os pour en livrer une version aux antipodes de ce qu’ils avaient originellement composé, de leur enlever leur enveloppe synthétique pour leur redonner vie dans le cadre semi-acoustique dans lequel nous les avions mis au défi de rentrer.

 

Une douceur inattendue planait au-dessus de leur trouille. Quelque chose de profondément touchant dans leur façon de chanter ces titres sans leur habituelle couche d’euphorie. Une certaine surprise aussi à découvrir aux deux morceaux des reflets mélancoliques que je ne leur connaissais pas. Séparés de leurs machines, James, Kelly, Chloe et Adam ont recrée ce jour-là “hurtlove” et “partofme” comme jamais personne ne les avait entendu. Et comme personne ne les entendra plus jamais.