La Blogothèque

“Arua Amusica” : les Concerts à Emporter au Brésil (2/5)

Parce qu’il n’y a pas que le foot dans la vie, on continue notre série de Concert à Emporter tournés au Brésil. Second volet tourné au printemps 2012 : Lucas Santtana, Rafael Castro et Mallu Magalhães.

Rafael Castro

Avec 8 albums enregistrés, Rafael est un compositeur qui ne s’arrête jamais, ironique et naïf à la fois, il peut vous faire pleurer au milieu d’une blague.

Venant d’une petite ville de l’état de Sao Paulo, Rafael a le désir banlieusard d’aller au plus profond de la vie nocturne de Sao Paulo city. Le rencontrer est un signe clair que vous êtes au bon endroit, où la musique est bonne, où personne n’est prêt à dormir et où l’alcool coule à flots.

C’était dans un de ces endroits que Jeremiah l’a rencontré pour la première fois. La manière dont il alternait des gorgées d’un whisky pourri et d’une eau minérale supérieure ramenée de sa petite ville adapté son attention.

 

Apartamento 80 était l’endroit, situé en plein coeur de Rua Augusta. C’était à peine un appartement… Le soir, on déplaçait les lits pour faire place à la scène et la fête commençait. Nombre d’artistes ont commencé là.

Par coïncidence, Rafaël habite maintenant à quelques rues de cet endroit et on s’était dit que ce serait une belle marche nocturne de traverser Augusta et d’aller boire une bière en face du défunt Apartamento 80. Sur le chemin, Rafael s’est arrêté devant un bar qui fermait, a pris sa guitare et s’est assis contre la fenêtre pour jouer une belle et triste chanson qu’il a écrit quand il est arrivé à SP, cette ville de laquelle il ne sait pas comment se faire aimer. Ironiquement cette chanson raconte l’histoire d’un animal de ferme et de l’amour qu’il ne peut partager avec sa bergère. Pendant ce moment introspectif, la ville nous montre son visage en une belle danse de la laideur.

(Texte de Filipe Franco)

 

Mallu Magalhães

Mallu est un phénomène… Pour ses 15 ans, elle a demandé du cash à ses parents pour pouvoir aller enregistrer quatre chansons dans un studio de Sao Paulo. Ces quatre chansons, elle les a mise sur Myspace, et en peine quelques mois, elles avaient réunis quatre millions d’écoutes… Trois albums plus tard, à 21 ans, elle est devenue une des auteur-compositrices les plus reconnues au Brésil.

 

Il y a quelque chose chez Mallu qui peut tout de suite vous accrocher. Ce quelque chose se retrouve autant dans ses chansons, un mélange subtil de gentillesse, de joie de vivre et de gravité.

 

Elle nous a reçu avec beaucoup de grâce et d’enthousiasme dans la maison qui sert de bureaux à sa mère qui est paysagiste. Nous avons donc eu le magnifique jardin de Gigi comme cour de récré pendant deux heures. Nous avons filmé trois chansons issues de Pitanga, son magnifique dernier album produit par le très talentueux Marcelo Camelo. Ces deux derniers viennent de former un groupe ensemble Bando Do Mar avec Fred un autre musicien Portugais. On s’est simplement beaucoup amusé avec Mallu.

 

Lucas Santtana

Lucas est connu pour son travail comme producteur, plein de sons expérimentaux, de pédales, d’effets et de différentes techniques. Mais il est également reconnu pour ses très belles chansons guitare-voix comme celle-ci. Il est un bon portrait de la lutte entre l’électro et la bossa nova, entre Sao Paulo et Rio. Pour ce film, le journal Folha nous avait prêté son héliport sur le toit de leur building. Emplacement incroyable lorsque la nuit tombe pour Lucas qui y chante « Nighttime in the backyard » alors que le soleil disparait au fessu de Sao Paulo.

Cette prise est la seule que nous avons pu utiliser… nous étions exactement sur le chemin de quelques-unes des milliers d’ondes qui traversent la ville, et elles n’en finissaient pas de murmurer dans nos micros HFs…

 

Le premier épisode de cette série est à voir et lire par ici.