La Blogothèque
Soirées de poche

Timber Timbre

On pourrait vous dire, on vous l’a dit cent fois déjà, à quel point cette musique est bonne. On pourrait en tartiner des pages, sur la moiteur des morceaux de Timber Timbre, sur ce son qui occupe l’espace, alourdit l’air, vient lécher les murs. Mais on l’a déjà dit cent fois, donc. Et si vous avez écouté leurs albums, en particulier le dernier, vous le savez déjà.

Sachez donc juste qu’ils étaient ce soir là, dans cet appartement, en pleine possession de leurs moyens. Qu’ils avaient poussé le public contre les murs pour donner tout l’espace nécessaire à leur son, et que oui, c’était aussi bon – non, c’était encore meilleur – que sur disque.

Mais regardez surtout cet homme, Taylor Kirk. Cet homme qui a l’air de sortir tout droit du bar miteux et suintant d’où il tire ses histoires. Cet homme qui tient sa guitare haute, qui gigote comme s’il cherchait la sueur, qui minaude, joue ses chansons comme on séduit, avec hardiesse, sans même chercher à le cacher. Il fait durer les silences, il grimace lorsqu’il fait durer la fin d’un mot, fait trembler tout son corps pour accompagner la frénésie d’un vers. Lui et son incroyable groupe faisaient monter en nous des envies d’explosions, travaillaient leurs arrivées, et cette musique était une comme une femme fatale. Elle dansait devant nous, elle nous narguait, nous étourdissait, nous menait par le bout du nez. Nous nous souvenons qu’il faisait chaud ce soir-là. Nous ne savons plus s’il faisait effectivement chaud, où si ce salon n’était pas devenu bouillant sous l’effet de cette musique-là.