La Blogothèque

Vous aimerez Jimmy Whispers avant l’heure

Vous la connaissez, ma fâcheuse manie ? Celle de m’enticher de groupes qui jouent avec nos nerfs, oui ceux qui ne te donnent quasiment rien à te mettre sous la dent et qui te font douter de la sincérité de leur démarche. J’aime assez prendre des paris. Le genre qu’on va pouvoir me reprocher ardemment, pour commencer seulement. C’est un peu toujours la même histoire.

Je vous en ai trouvé un nouveau, c’est un garçon de Chicago.
Jimmy Whispers fait déjà parler les journaux locaux grâce à un fanzine qui s’est vendu à 3000 exemplaires et un festival en soutien à l’association Cure Violence, c’est sa façon à lui d’attirer l’attention. L’art et l’action d’abord, la musique après.
Il le fait exprès, un peu pour votre bien, il ne veut pas être un compte soundcloud de plus, le monde n’a pas besoin de ça. Alors pour entendre ses chansons, il n’y a que ses concerts. Parfois il partage la scène avec des copains assez recommandables comme R.Stevie Moore, Dan Deacon ou Dent May.
Je suis comme ces gens qu’il a rendus un peu fous et qui commentent ses vidéos en réclamant plus de chansons. Ça l’étonne de pouvoir faire tant de choses sans avoir sorti un seul vrai morceau car tout ce qu’on trouve de Jimmy Whispers se limite à quelques minutes d’un programme pour enfants.

Jimmy Whispers m’a fait rire. C’était peut-être le mauvais playback, la qualité de la vidéo qui me rappelait un clip de Miracles Club ou ces enfants à l’air un peu effrayé et visiblement bien partis pour dix ans de psychothérapie, au second plan.
Jimmy a surtout touché ma corde sensible avec ses chansons d’amours bancales et naïves et cette voix pas vraiment assurée.
Ça devrait surement être inquiétant, ou un coup de chance, un type qui vous fait rire autant qu’il vous touche en chantant un truc aussi simple qu’”I still love you”. Même avec la “jurisprudence Mac DeMarco”.

A partir de là, vous devrez me faire confiance, aveuglement. Tout ce que je peux vous dire sur Jimmy Whispers ne sera vérifiable qu’à la sortie de son premier album, Summer in Pain, cet été si tout va bien.
Vous devez me croire quand je vous dis que tout y est aussi beau et bricolé que le peu que vous entendez dans ces vidéos.
Jimmy Whispers n’utilise qu’un iPhone et un vieil orgue pour enregistrer ses chansons, tout y est spontané, parfois même improvisé, tout y est vrai et sur le fil. Sur album, Whispers remballe les pitreries de plateaux Chicago-go et les cascades des concerts pour dix chansons dépouillées, lo-fi, dix chansons à se bagarrer avec ses sentiments.
Il ne dira pas d’où vient la tristesse dont il parle, il ne dira pas son vrai nom. Il continuera à laisser faire le bouche à oreilles, quelques mois encore. En attendant, vous le détesterez peut-être déjà.

Avec Jimmy Whispers, c’est encore un peu la même histoire d’accord. À ça près que je sais déjà qu’elle finit bien et que l’été arrivera suffisamment vite pour vous prouver que vous auriez du être d’accord avec moi “il y a 4 mois”.

Photo de Todd Diederich