La Blogothèque

Victor Herrero

Quand on l’a rencontré avec Aelred, début décembre, après son concert aux Instants Chavirés, on savait déjà qu’ “Estampida” serait l’un de nos albums préférés de cette année 2013. On aimait la sérénité, le geste sûr et ample, les respirations et la grâce qui se dégageaient de ces neuf chansons pour voix et guitare espagnole. Ce disque avait le culot de venir de quelque part et de rompre la monotonie des parutions qui ressassent le même idiome, les mêmes figures, les mêmes obsessions, anglaises et américaines. Le plaisir d’écoute y était immédiat, mais on sentait aussi sous les belles évidences, le jeu, l’invention, et un appétit pour le monde et les autres peu commun.

Le répertoire d’ Estampida L’album est paru sur le le label barcelonais Foehn Records, l’été dernier. a mis cinq années à se construire. Le titre fait référence à un état d’urgence, un moment d’intensité extrême, de fougue, qui mobilise le corps, les facultés intellectuelles, et qui les tend vers ce désir d’échapper, de s’arracher aux catégories du temps et de l’espace, lorsque celles-ci semblent sur le point de vous engloutir. Pour Victor Herrero, “estampida” entretient aussi une parenté avec le mot”estampa”. Il s’agit de saisir une forme dans l’instant présent, dans un geste énergique qui en traduit la vitalité. Le geste doit être vif, capter les lignes essentielles, les tensions, les forces, et les fuites. Les chansons viennent donc au fil des occasions. Il suffit de les capturer quand elles se présentent. On ne les provoque pas. Et puis, un jour, à l’occasion d’un séjour dans la ville natale, on les enregistre d’une traite, assisté d’un ami.

Tout est décidément séduisant chez Victor Herrero : cette élégance légèrement altière qui n’exclut ni la chaleur, ni l’humour, ni la générosité, cette liberté avec laquelle il conçoit de vivre sa musique, de l’enregistrer, et cette qualité de présent qu’il crée autour de lui, où qu’il soit. Il est d’ailleurs très rare que Victor possède une adresse fixe. Victor n’est pas un bon client pour les agences immobilières. Ce qu’on ne savait pas, c’est que ce Concert à emporter allait rapidement devenir le prétexte à d’autres rendez-vous, que Victor nous donnerait, de son air d’enfant joueur, tout au long du mois. Il nous y inviterait mine de rien à bousculer nos habitudes, à y rencontrer et à partager les histoires de personnes belles et étonnantes, venues d’ici ou de là-bas, à la croisée des chemins. Et le tout en musique, comme il se doit. C’est un peu cette histoire qu’on voulait vous raconter. En voici le premier volet.

On a retrouvé Victor Herrero une première fois à Belleville, dans un bar PMU, à l’heure du quarté. Il y avait des chevaux à la télé, des parieurs, et ça parlait fort. Victor se réjouissait de jouer “Avellaneda” dans cette ambiance sonore. La chanson décrit un état de paix intérieure et d’équilibre harmonieux. On y emprunte un passage dans une allée de noisetiers. L’esprit et le corps s’y accordent, la vie et la mort s’entremêlent sans effroi, à l’opposé de l’iconographie des vanités baroques. La nature païenne y rencontre quelques saints bienveillants. L’image lui a été suggérée, il y a six ans, lorsque Victor vivait dans les montagnes, à l’écart, derrière Grenade, avec sa compagne. Une période qu’il décrit comme propice à la méditation, et empreinte d’un hédonisme frugal où la musique, l’amitié et le vin tenaient un rôle de premier plan. Il en mentionne notamment un qu’il qualifie d’ “atomique” – vivifiant et aux saveurs incroyables -, un vin qui, d’après lui,  n’aurait jamais passé les normes d’hygiène de la communauté européenne. Un vin de contrebandiers, en quelques sortes. Il était fabriqué par un vieil homme aux mains calleuses comme  l’écorce des arbres. Il vivait lui aussi dans la montagne, et chez lui tout semblait se déliter ou être en état de décomposition. “Avellaneda”, c’est un état d’esprit qu’on emporte avec soi, et au fond, cette chanson prend tout son sens lorsque l’environnement s’y prête le moins.


“Avellaneda” est aussi une histoire de réconciliation. On apprend que chanter en espagnol, pour Victor, c’est aussi renouer avec une ancienne histoire, une histoire qui remonte avant l’adolescence, ses taux d’hormones, ses guitares électriques, et la découverte des Doors ou des Pink Floyd. La voix, c’était d’abord le territoire de l’enfance et des aspirations  mystiques. Elle était blanche et cristalline.

Victor Herrero avait rejoint, à l’âge de 8 ans, les chœurs d’un monastère bénédictin qui surplombe la vallée de Los Caidos, pas loin de Madrid. Le monastère de la Sainte Croix. Il avait été repéré à l’école par un prêtre qui faisait le tour du pays à la recherche de nouvelles voix. Le lieu est politiquement marqué, et toujours l’objet de controverses en Espagne. Il faut dire que Francisco Franco avait fait construire l’édifice, pour l’essentiel, par des prisonniers politiques de la guerre civile, des républicains auxquels il avait promis des remises de peine. La mise en scène rédemptrice du pouvoir a de quoi paraître perverse et humiliante. De plus, beaucoup de ces prisonniers moururent pendant la construction du monastère. Victor nous explique aussi que le monastère devait être le mausolée du Caudillo, et que ces chœurs d’enfants avaient pour vocation initiale de venir chanter sur sa tombe.

Mes parents ne voyaient pas nécessairement cela d’un très bon œil, ils craignaient une forme d’embrigadement politique et religieux. Moi, j’ai pris cela comme l’occasion de partir et c’était très amusant, pour un enfant. On partait, l’été, pendant la semaine, on y retrouvait d’autres gamins venus de toute l’Espagne, avec leurs différents accents. On vivait dans ce monument en plein milieu de la vallée, avec la nature tout autour. On allait jouer dans les forêts, les rivières.”

“Bien sûr, la discipline y était rigoureuse, mais j’y ai vécu ma première grande expérience musicale. J’y ai étudié le chant grégorien et mozarabe. J’y ai également appris la guitare classique. L’incroyable dévotion de ces moines, et leur grande érudition musicale sont quelque chose qui m’a profondément marqué. Cette manière de reprendre les mêmes pages, de tenter de comprendre ce qu’il y a derrière chaque mot, chaque note. Ces chœurs ont une renommée internationale et nous étions invités à venir jouer à l’étranger. Je me rappelle, par exemple, m’être produit dans le sud de la France pour chanter du Monteverdi. Nous jouions avec d’excellentes formations de musique baroque”. Victor Herrero commence sa carrière discographique d’une manière pour le moins étonnante, puisqu’il est l’une de ces voix censées faire revivre l’art des castrats dans la bande originale du film d’Alain Cornau, Farinelli.

La suite tournerait le dos à ces premières années avec fracas : “je me souviens avoir tellement ressenti le besoin de rompre avec tout ça que j’en ai détruit ma première guitare“. Elle prend d’abord la forme d’un groupe de rock qui s’appelle Cicely, 8 années de vie de bohème qui mènent Victor à Madrid au milieu d’une bande de joyeux drilles  : “les gens nous trouvaient quelque chose, et je crois qu’on avait quelque chose, mais on ne se souciait de rien, même pas de trouver des dates de concert“. Puis, elle répondrait à la nécessité de se retrouver soi-même. Victor part s’isoler un temps à Barcelone, se met au piano, et enregistre un premier disque instrumental en solo, sous le nom de Victor Cicely. Enfin, il y a la rencontre avec Josephine Foster, dont Victor allait devenir l’accompagnateur privilégié, l’alter ego et le compagnon. Les retrouvailles avec la guitare classique seraient ensuite scellées sur un très bel album intitulé Anacoreta  Victor Herrero, “Anacoreta” (Bo Weavil) 2008. et l’espagnol, Victor se le remettrait en bouche avec les deux projets consacrés avec Josephine aux traditions populaires espagnoles : Perlas, d’un côté, et cet Anda Jaleo  qui rassemblait des chansons collectées par Federico Garcia Lorca, de l’autre Ces deux disques sont parus chez Fire Records sous le nom de Josephine Foster and the Victor Herrero Band, respectivement en 2012 et en 2010. . L’écriture d'”Avellaneda” marque donc une étape importante dans cette réappropriation. Et en même temps, Victor nous assure : “Je ne suis vraiment pas encore sûr d’avoir trouvé ma voix et mon chant, je crois que je suis toujours en train de les chercher.

Sur ces propos arrive Jacopo Leone, l’ami sicilien qui vient de s’installer à Paris pour quelques mois. Jacopo est d’après Victor l’organisateur à Catania, du plus beau festival où il lui a été donné de jouer : “Ce n’est pas seulement un festival où l’on joue de la musique. Cela ressemble davantage à une fête, une sorte de célébration de la vie. Tu t’installes quelques jours, Jacopo t’emmène à la découverte de l’île, dans des lieux d’une beauté époustouflante. Il partage avec toi de fabuleux vins siciliens. Les repas en compagnie des autres musiciens durent jusqu’au bout de la nuit.” On apprendra de la bouche de Jacopo qu’il est aussi écrivain, architecte d’intérieur, qu’il est tout aussi intarissable au sujet des poissons et des fonds marins, que celui de saintes en extase sculptées par Le Bernin, que son atelier tient du cabinet de curiosité et qu’il donne directement sur l’Etna. Enfin, Jacopo est peintre. Il a dans sa valise, une centaine de toiles. Le personnage est étonnant. L’idée vient rapidement de faire quelque chose ensemble. Victor a une amie danseuse, à Paris, elle s’appelle France Hervé. Elle pourrait être aussi de la partie. On ne savait pas trop ce que l’on ferait de tout ça, mais le moment déciderait de la forme que tout cela prendrait. On verrait. On était curieux.

“Constantina” est née du son d’une rivière à Constantina, un village situé sur les hauteurs de Séville, un après-midi d’été, à l’ombre d’un arbre. Elle est aussi le morceau d’Estampida qui rappelle peut-être le plus ouvertement la musique flamenca, dont on sent qu’elle travaille en profondeur la musique de Victor. “C’est probablement parce que lorsque tu grandis en Espagne, tu entends du flamenco partout. Tu en entends à la radio, on en joue dans les villages, le soir, à l’occasion des fêtes. Et c’est peut-être encore plus vrai du Sud, où je vis depuis quelques années. C’est quelque chose qui t’imprègne profondément. Je suis techniquement encore très éloigné du niveau d’un guitariste de flamenco orthodoxe. C’est un art incroyablement difficile et exigeant qui m’est totalement inaccessible pour le moment. D’ailleurs, n’importe quel guitariste de flamenco te dirait à mon propos : “Mais qu’est ce qu’il fait ce type avec sa guitare ?” Le flamenco réclame du temps et un don de soi complet. ”  

“Je suis sensible à ce qu’on pourrait appeler l'”âme” du flamenco. Le flamenco est un état d’esprit, une attitude que tu n’adoptes pas seulement lors du moment musical, il correspond à un art de vivre. Cela me semble beaucoup plus profond que tout ce que je pourrais en dire, mais cela a à voir, je crois, avec l’acuité de la conscience que tu peux avoir de cette frontière ténue qui sépare la vie de la mort, et de ce point de bascule qui existe entre les deux et que tu expérimentes intérieurement à ce moment-là.  Mais, en échange, cette conscience te donne ce sentiment d’être pleinement vivant. Tu prends conscience de la moindre manifestation de ton corps, tu te sens relié à chacun de tes organes, et tu as une perception accrue des gens qui sont autour de toi, avec toi, ici et maintenant. C’est un état assez irrationnel mais au fond que tu pourrais apparenter à d’autres manifestations du sublime dans les arts ou la poésie, extérieures au flamenco.Je crois que nous sommes de plus en plus incapable de vivre ce présent avec ce qu’il comporte de joyeux et de douloureux, et que l’un des enjeux de l’art est de le faire advenir. 

Jacopo et Victor s’entendent comme deux larrons en foire, et sont l’une des plus belles machines à rire qui nous ait été donnée de voir. On les sent assez vite mus par les mêmes préoccupations. On a pas mal interrogé Jacopo sur cet inventaire des fonds marins qu’il réalise à l’encre, un peu à la Melville, ces centaines (milliers !) de poissons dont il a imprimé les corps sur des tissus qui ressemblent à des linceuls. Leur signification, on s’en doutait, dépasse largement le cadre de ce que Marcel Mauss appelle un “fait social total”. Et pourtant tout semble commencer sur la place du marché, à Catania.

“Oui, tout mon travail tourne autour de la Sicile. J’ai toujours envie d’en raconter les histoires mais d’une manière chaque fois un peu différente, en changeant de medium, qu’il s’agisse d’architecture, de musique ou d’écriture. Le cœur de la petite ville d’où je viens est un grand marché aux poissons qui attire beaucoup de monde. J’ai donc commencé à m’intéresser à eux. Je les prenais en photos. Ces photos ne me satisfaisaient pas parce que la seule chose qui ressortait, c’est que les poissons étaient morts. Mon travail ressemblait alors à une sorte de revue nécrologique, c’était comme faire la photo de cadavres.”

“Un jour que j’étais dans le désordre de mon atelier, j’ai pris un poisson que je venais de photographier avec le même sentiment d’échec, et je l’ai jeté, de dépit. C’est alors que j’ai vu l’empreinte sur le papier, avec seulement un peu de sang. Mais pas beaucoup. Une trace blanche sur le blanc du papier. Et l’idée s’est imposée d’elle-même. Est-ce qu’il y avait quelque chose qui pouvait évoquer davantage la vie que de transférer la forme de ce poisson au moyen de son propre sang ? Le sang n’est-il pas la meilleure traduction matérielle que nous connaissions d’un principe de vie ? Mais comme les poissons n’ont pas beaucoup de sang, il y avait une difficulté à régler.  C’est alors que j’ai eu cette autre idée, qui est de mélanger ce sang à l’encre des poulpes et des calamars. Comme tu le sais, ces poissons ne sont guère diserts, et ils n’écrivent pas d’histoire. Le paradoxe, c’est qu’ils sont pourtant pleins d’encre. J’ai donc décidé de prendre leur encre pour raconter leur histoire, en faisant ces quelques deux milles impressions d’espèces de poissons différentes, en variant les textiles et les techniques de transfert du textile vers le papier. Ce papier me ramène d’ailleurs à l’histoire de la Sicile, de l’Italie et de la méditerranée, car la Sicile a toujours été réputée pour son papier en fibres naturelles, et qu’elle en est l’un des plus anciens lieux de production.”

“C’est un catalogue des expressions de la mer que tu as là, mais ces expressions te ramènent aussi à la surface. Ces poissons ont souvent une expression typiquement humaine et tu peux essayer de comprendre ce qu’il y a derrière. Tu as par exemple les poissons qui ont des problèmes à la maison avec leur femme. Ceux-là tu les reconnais toujours, ils ont l’air excédés (rires). Tu en as d’autres encore plus étonnants qui ressemblent à ces hommes qui se rêvent en astronautes, ils rêvent eux aussi de changer d’état. Regarde, ce poisson exprime très clairement le désir de devenir une girafe, et celui-là une vache. Mais, il y a une chose que tu constates systématiquement, c’est que leur bouche est toujours triste. Elle porte l’empreinte de la mélancolie.”

“Il y a une chose méconnue mais éminemment tragique qui touche aux poissons.  Les poissons meurent loin de chez eux. Ils meurent seuls. Et ils n’ont pas droit à des funérailles. Mon travail est du coup très sérieux car je leur offre des funérailles. Ce que je veux, c’est que ces poissons nagent pour l’éternité dans une mer de papier. L’une des choses très importantes pour moi est aussi de caresser ces poissons parce que tu comprends mieux ce que cela signifie que d’être mort après cette merveilleuse expérience qui est de nager dans la mer avec un tel corps. Mais il faut préciser que le travail n’est pas fini avec l’impression. Je considère qu’il est fini lorsque nous nous réunissons, moi et mes amis de Catania, pour le manger. Tous ces poissons ont été mangés. C’est important dans une île où les hommes viennent échouer, puis sombrer avec leurs projets pour finir mangés par les poissons. “

“Il me semble aussi que la mer est l’image même de la fantaisie et de l’imagination du monde. Nous pensions volontiers que l’invisible était le seul fruit de notre imagination, mais qui pouvait dire, il n’y a pas si longtemps que cela, ce qu’il y avait dans les profondeurs de la mer ? Tout y est si obscur que certains poissons vivent normalement tout en étant aveugles. Et pourtant, quand tu explores les fonds marins, tu y trouves des formes et des couleurs absolument invraisemblables. C’est pourquoi, j’ai du mal à me penser comme un artiste. Je me vois davantage comme un spectateur qui cherche à rendre visible, l’invisible, ou un faiseur de mosaïque qui assemble des pièces venues d’autres horizons et qui les fait tenir ensemble. Au fond, je crois que mon travail consiste simplement à mettre de la colle.

C’est tandis que nous tendions nos fils sur la scène du conservatoire de la ville de Villejuif, et que nous y suspendions les toiles de Jacopo, que France est arrivée. Tout s’est mis en place sans réelle concertation mais avec un sens de l’à-propos déconcertant. Vous l’avez vue, sa robe était rouge sang. Il est vite apparu que France tiendrait de la naïade ou de la sirène, avec ses cheveux dénoués, mais qu’elle serait surtout le principe vital, l’élément dramatique tout autant que la charge érotique de cette Cène sécularisée et aux significations multiples. “Constantina” me semble en effet tenir de la danse d’amour, de la parabole sur la création, d’une mise à mort et d’une histoire de résurrection, une histoire de souffle et de mouvement qui anime et contamine tout ce qu’elle effleure.

 

 

Nous ne vous raconterons pas tout de suite quel fut le véritable objet de notre troisième rencontre. On vous en reparle très bientôt. Elle faisait intervenir un personnage trop important pour qu’on ne lui réserve pas un Concert à emporter, à part entière. On a décidé simplement de terminer cette session par le dernier morceau que nous a offert Victor, en guise d’au revoir, un morceau qu’il ne joue pas en concert et qu’il acceptera de livrer dans la plus stricte intimité.

El Globo” est une méditation sur ces moments aériens, faits de beauté et de grâce, dont on est les spectateurs émus, un jour. Ils passent, disparaissent parfois. On n’est jamais sûr qu’on pourra en revivre de semblable, parce que cette indéfinissable beauté est une chose fragile, une pause, l’un de ces interstices dont on sent qu’ils se réduisent de plus en plus parce qu’ils supposent de la gratuité, de l’abandon à soi, aux autres, et qu’ils  sont donc étrangers au monde tel qu’il semble aller.

Estampida se conclut aussi sur cette chanson en forme de point d’interrogation. “Où sont-ils partis, ces ballons à air chaud qui flottent dans les airs, sans se hâter d’arriver quelque part ?“. Il me semble que la question mérite d’être posée, mais qu’elle perd de sa gravité et de son urgence, tant qu’il existe des artistes et des musiciens dont l’art relève de l’enchantement. Victor Herrero est l’un d’eux.

 

 

Comme un bonheur n’arrive jamais seul, un petit Noé est né pendant qu’on terminait ce Concert à emporter. Noé est le fils de notre ami, François, et de sa compagne, Lauriane. François fait partie de la secte très fermée des ingé-sons de la Blogothèque, il est celui qui s’est occupé amoureusement des chansons de Victor Herrero, avec ce souci méticuleux du détail et de l’espace qui le caractérise. Ce Concert à emporter t’est donc dédié, Noé.