La Blogothèque
Still Room Sessions

Of Monsters and Men

Lorsqu’on a débarqué à Rome, on était un peu déphasé. C’était précisément le jour de l’intronisation du nouveau pape François, des hommes d’églises déambulaient dans toute la ville, un hélicoptère au loin, faisait un survol stationnaire de la place Saint Pierre.

On devait retrouver les six membres de Of Monsters And Men en début d’après-midi. Le groupe fraîchement arrivé la veille de Bologne nous proposait de passer une partie de la journée avec eux pour filmer un Concert à emporter avant leur concert du soir.

Pour une fois, on s’est retrouvé dans la même situation que le groupe: arrivés dans une ville que l’on ne connaissait pas quelques heures avant, nous devions improviser, prendre la ville à bras le corps et sentir quels lieux seraient les plus adaptés à la musique onirique des Of Monsters And Men.

Rendez-vous fut pris au sommet d’une des multiples collines de Rome, avec l’idée que dans tous les cas, il serait toujours plus facile de déambuler en descente à la recherche d’un endroit approprié.

A leur arrivée, Nanna et Ragnar, les deux chanteurs du groupe, confirmèrent notre intuition: eux aussi avaient envie de flâner pour sentir la ville. Nous les prenions au milieu d’une très longue tournée, 12 mois qui les emmèneront sur 4 continents pour finir aux Etats Unis en octobre, et ils étaient bien décidés à profiter de ces quelques heures pour entrevoir un bout de la ville éternelle.

Questionnant Nanna sur ces tournées interminables, surtout à six, elle nous répond aimer cette promiscuité, goûter ces moments passés avec les autres membres du groupe, dont beaucoup sont des amis avec qui elle avait déjà joué dans ses formations précédentes.

On sent bien que chez elle, la musique est une affaire de famille et que le succès de la formation chorale repose sur une vraie connivence.

Une fois tous le monde équipé, nous partons pour une balade dans Rome sur un air d’improvisation. Le plaisir manifeste du groupe, sa gentillesse sont communicatifs et très vite, nous testons les acoustiques naturelles. Finalement, c’est une petite place dans le quartier du Trastevere, à la croisée de multiples ruelles qui se révèlera le lieu adéquat. Le groupe s’arrête et entame ‘Dirty Paws’ au milieu des passants, étonnés puis charmés à l’écoute des premiers accords timides. Très vite, percussions et choeurs s’emparent de la chanson et résonnent dans cet espace d’un autre âge: nous sommes à Rome, au centre du monde, et l’espace d’un instant ces murs à l’histoire ancestrales font écho à la musique des espaces interminables de l’Islande.

Sur le chemin du retour, je demandais à Anna comment  le groupe avaient vécu ces instants, s’ils étaient rompus à ce genre d’exercice. Elle se contenta de répondre par un grand sourire: c’était un instant, un bel instant ensemble.