La Blogothèque
Soirées de poche

Jacco Gardner

Jacco Gardner, c’est un garçon sage qui fait une musique de drogués. Un esthète psychédélique, précis, minutieux, dont la musique saura assurément s’emparer de vous, même si elle le fera délicatement, presqu’imperceptiblement. Nous avons tenté l’expérience dans un loft-atelier de Montreuil.

Il y a quarante ans, les gens qui jouent cette musique seraient probablement arrivés dans un nuage de fumée, habillés de mille couleurs, excentriques, dédaigneux et défoncés. Certains, aujourd’hui, en reprennent fidèlement les codes en étant outranciers à souhait (cette bande de jeunes, par exemple). Mais pas Jacco Gardner. Le Néerlandais et son groupe sont des orfèvres, méticuleux, appliqués, presque timides. Les volutes, les distorsions sont pour eux un artisanat plus qu’une expérience, tiennent plus de la précision que du délire.

L’effet est moins immédiat, certes. La musique de Jacco Gardner est une drogue très douce, dont les effets exigent que vous la laissiez s’installer doucement. Elle ne vous prend pas de force, mais s’invite imperceptiblement, s’imbibe, comme elle l’a fait ce soir là dans l’atelier-appartement-musée de bizarreries de Merlin (ça ne s’invente pas). Peu à peu, au fil, des chansons, c’est comme si les nappes de sons peignaient les jouets et breloques alentours, leurs donnaient vie. La fumée était dans nos têtes, et une heure après un timide bonjour, tout planait alentours.

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