La Blogothèque
Concerts à emporter

Take Away Phoenix

Phoenix dans un avion en vol, filmés depuis en drone, puis peinards dans une barque. Take Away Phoenix, 20 minutes, quatre chansons…

“Et si on faisait une session dans un avion” ?

1 – L’AVION

Le tournage avec le drone n’avait pas encore eu lieu que Thomas Mars nous fait cette proposition. La première folie n’est pas bouclée qu’en voilà une plus forte, plus étrange encore.

Mais allions-nous dire non ? Nous voilà donc partis, quelques jours après Versailles, en direction de Glasgow, où le groupe jour au festival “T in the park”. En attendant le concert, Colin s’excite autour de l’idée possible de suivre Thomas durant l’intégralité de son crowdsurf (qui n’aura pas lieu à Glasgow, mais le lendemain au festival MusiLac d’Aix-Les-Bains). Thomas, lui, est focalisé sur l’avion : “je pourrais chanter dans le micro de l’hôtesse, non ?”.

On n’y croyait pas trop. Nous avions tort. Nous sommes arrivés très tard dans un aéroport désert. Seul notre avion attendait sur le tarmac. L’équipe entière de Phoenix ne rêvait que d’une chose : dormir, ce que certains firent en s’installant dès leur arrivée. Nous avions pour notre part du boulot : il est interdit d’utiliser des récepteurs HF dans un avion en vol, et nous avons donc du câbler l’intégralité de l’avion : tirer des fils sous les sièges, cacher des micros dans les pochettes… puis décoller. Il aura fallu attendre 4h du matin pour nous lancer. Le soleil commençait tout juste à se lever, nous approchions des Alpes, tout l’avion dormait, à l’exception de l’équipe de pilotage, du groupe (Deck somnolait entre chaque prise), et de nous-mêmes. Thomas se mit à chanter. C’est alors que l’idée du micro de l’hôtesse prit sens. L’avion faisait trop de bruit pour que la musique s’entende au delà de trois sièges. A l’arrière, là où tous les hublots étaient fermés, où l’intégralité de l’équipe avait sombré, il n’y avait que la voix de Thomas, sortant, comme une berceuse, des petits haut-parleurs.

2 – VERSAILLES, APRES LE DRONE

Nous étions sur place depuis 5h du matin. Pendant trois heures, grâce à l’extrême bienveillance du Château de Versailles, il n’y avait que nous, Phoenix, quelques jardiniers et des régiments de militaires qui passaient faire leur jogging. Puis les portes du château se sont ouvertes, et les touristes sont arrivés.

Nous avons décidé, nous aussi de flâner. Prendre notre temps autour du bassin de Neptune, louer deux barques : l’une avec le groupe, l’autre avec Colin, François et Henri. ‘Trying to be cool” était absolument parfaite pour cette atmosphère paresseuse. A part un garçon qui a reconnu le groupe et est ensuite resté sur la rive à nous regarder en passant sans cesse sa main dans les cheveux en signe d’incrédulité, les touristes s’amusaient, légers, de notre procession. Nous regretterons juste à jamais que le couple de mariés se faisant photographier sur la pelouse à côté n’ait pas eu le temps de rester. Cela aurait fait un merveilleux rappel.

Puis, finir sur Countdown. Finir dans un jardin semi-caché, de nouveaux seuls. Et redécouvrir une chanson que l’on aimait déjà follement dans sa version puissante, capable de nous faire frémir lorsque le groupe la transforme en une balade intime. Et surtout, quatre heures après avoir fait le truc le plus ambitieux et fou de notre jeune carrière, retrouver une intimité, comme un retour aux sources.