La Blogothèque

Slow Club – Tears of Joy | A Nokia Lumia Live Session

1 – LE PANOPTICON

C’était le plus vieux Music Hall restant, au monde. C’est là que Stan Laurel a donné ses premiers spectacles, aux débuts du siècle précédent. Et ses propriétaires ont l’obligation patrimoniale de le garder en l’état. Il y a donc de la peinture qui pleut des murs, des trous dans le balcon ,des puits de lumière au plafond, par lesquels s’engouffrent les pigeons. Et puis aussi,  des affiches d’un autre temps, des mannequins abandonnés, des robes de l’époque et la cage dans laquelle se produisait chaque jour, dans les années 20, une femme-araignée.

Tout cela nous était montré par une quinqua épatante, pleine d’amour pour son lieu, prête à dégainer les anecdotes, à nous laisser jouer avec les costumes pendus ça et là, et se réjouissant presque de chaque stigmate de l’endroit, de chaque preuve de son vieil âge. C’est elle qui, en attendant que Slow Club revienne pour un rappel, a inséré une fiche perforée dans le piano mécanique et a lancé tout le public dans la reprise d’une chanson paillarde, s’improvisant ainsi reine soudaine de la soirée.

2 – REBECCA

Mais pour toute reine, il y a une princesse. Elle s’appelait Rebecca. Quand elle est arrivée dans le Panopticon, elle a crié de joie en voyant les robes, voulant les essayer, envisageant même un moment les utiliser pour son jeu de scène. Mais elle n’en avait pas même besoin. Elle a gardé son tshirt marin, et cela suffisait, tant son jeu de scène, sa façon de captiver le public étaient évidents. C’était peu de choses en fait : pas besoin de cabrioles ou d’effets de manche. Il lui fallait juste un fort sens de l’humour et d’autodérision, pour accrocher sans effort les quelques personnes qui lui faisaient face, les embarquer avant de se lancer dans sa chanson. Puis ensuite, c’est l’histoire habituelle : des chansons évidentes, une voix magnifique, qui n’a jamais besoin de surjouer sa puissance, Charles en parfait contrepoint. Comme ils l’ont fait plusieurs fois par le passé, les Slow Club nous ont prouvé qu’ils étaient un des groupes les plus précieux, les plus talentueux d’Angleterre. Nous ne nous lasserons jamais de les filmer, de dire au monde combien ils méritent qu’on les aime.