La Blogothèque
Soirées de poche

Mac DeMarco

Ils auraient pu se contenter d’aligner en souplesse leur magnifiques petites chansons décomplexées. Mais non, ils en ont fait tellement plus. Mac Demarco et sa bande étaient des fous. Hilares, furieux, débridés. Ils buvaient, ils rotaient, ils se foutaient de la gueule d’Eric Clapton et nous faisaient hurler du AC/DC. Ils nous ont fait passer la plus conne, la plus belle des soirées.

Ils ont bu tellement de bières que les canettes vides ne tenaient plus sur l’ampli sur lequel ils les posaient. Ils en ont bu tant qu’à la fin du concert, il n’y avait plus rien à boire pour un public en sueur, ravi, rincé, hilare et assoifé.

Mac de Marco a roté entre les morceaux, au milieu des chansons aussi. Il rangeait d’abord sa canette dans la poche de sa chemise. Mais après quelques chansons, quand il fut temps de faire des covers d’AC/DC, il a enlevé sa chemise.

Il a repris une balade d’Eric Clapton comme s’il était un VRP ivre mort dans un karaoké de Canton. Il a laissé son bassiste (grand prix du gros débilos de l’année <3<3<3) faire la reprise la plus irrespectueuse, furieuse et donc fabuleuse du Blackbird de McCartney. Et entre tout cela, il a interprété ses propres chansons tout en décontraction, reflétant dans son attitude faussement désinvolte, la belle élasticité, la rondeur parfaite de ses compositions.

Il y avait de l’euphorie, de l’inconséquence, de grands moments de musique tout autour. Mac et son groupe pouvaient jouer n’importe quoi. Ils pouvaient être parfaits ou volontairement boiteux, furieux ou coulants : ils étaient si à l’aise que le public ne pouvait que suivre. Nous étions portés par ce groupe. Nous ne savions plus où nous étions, sinon en orbite autour d’un noyau turbulent et rigolard. Une soirée bien conne. Une magnifique soirée.

mac-demarco2