La Blogothèque

Ricky Hollywood

Qu’est-ce que ça veut dire, faire de la musique seul ? Sans groupe ni alter ego, on renonce à une certaine énergie. Mais la solitude peut aussi favoriser la liberté dans l’exploration des maladresses intimes, une distance amusée par rapport ses propres insuffisances qu’on retrouvait par exemple chez Casiotone For The Painfully Alone. Dans la catégorie chevalier solitaire, on est estomaqué de découvrir la productivité de Ricky Hollywood. Sur Bandcamp, un album de morceaux déjà anciens (2002-2005) à télécharger à volonté révèle un art consommé de la glorification du rateau et de la débandade (« Je me sens mou »), en accord avec une production low-fi qui ne masque pourtant pas la pureté de mélodies souvent dignes du meilleur Bertrand Burgalat.

Sur Soundcloud, une sélection de titres plus récents emprunte un chemin plus tongue in cheek mais semé de trouvailles : au-delà d’une traduction française littérale du « Falling » de Julee Cruise, Ricky Hollywood réécrit avec une ingénuité désarmante la légende de son précédent groupe (« Poster Moderne »), ou réussit avec « Pour ton anniversaire (woho) » une birthday song qui pourrait évoquer les Musclés si elle ne suscitait bientôt l’euphorie désespérée qui caractérise les plus beaux morceaux solo de Rivers Cuomo.

Si ça n’est pas encore la belle vie, ça commence à y ressembler, d’autant que la solitude n’a qu’un temps : après un duo minimal funk ultra-référencé avec Arne Vinzon (« L’amour peut-être »), Ricky Hollywood a entamé une collaboration avec Kumisolo, dont le premier titre (le duo « Chapardeuse », à écouter via l’émission d’Annette et Pascualino sur Radio Campus Bruxelles) donne très très envie d’entendre la suite.

Ricky Hollywood, c’est aussi très bien en concert (ceux qui étaient au Mo’Fo’ en témoigneront) : à venir, deux dates avec Gratuit le 28 mars au Temps-Machine (Tours) et le 29 au Chabada (Angers), puis le 12 avril à la soirée Gonzaï #14 à la Maroquinerie (Paris).