La Blogothèque
Soirées de poche

Local Natives

Les Local Natives ont toujours été joueurs. Toujours prêts à se laisser embarquer, à adapter leurs morceaux, à se laisser surprendre. Pour nous, ils avaient joué dans l’obscurité, les pieds dans l’eau à marée basse, ou avaient pris le risque de troubler le calme bourgeois de la galerie Vivienne en une fin d’après-midi. Ils repassaient par Paris, ils étaient tous là. Et ils restaient joueurs : l’album n’était pas encore sorti, ils n’avaient pas encore donné de concerts mais qu’à cela ne tienne, ils avaient leur journée de décalage horaire pour répéter les versions dépouillées de leurs nouveaux morceaux.

La fatigue était là. Et elle s’ajustait parfaitement aux morceaux d’Hummingbird. C’était un groupe plus ramassé, plus tendu, qui jouait des chansons qu’on sentait plus intenses, qui avaient moins besoin de l’emphase, du show off. Cela ne les empêchait pas de jouer à merveille des percussions juxtaposées, des harmonies en boucle, d’embarquer le public dans un Airplanes splendide et choral. Mais on sentait un groupe plus investi, qui travaillait ses chansons, qui les couvait. Ils n’avaient rien perdu de leur fraîcheur. Ils avaient juste grandi.