La Blogothèque
Soirées de poche

Villagers

Il y a un couple aux pieds de Conor O’Brien. Une demi-douzaine de personnes tassées contre la fenêtre derrière lui, tout un tas de gens sur sa gauche, sur sa droite, et en face, trop de monde pour laisser ne serait-ce qu’un petit mètre carré de libre au pied des trois musiciens. “Vous êtes un peu trop près”, confiera Conor. Mais qu’importe, c’est ce que nous voulions : avoir les gens à ses genoux, assis à même le sol, oubliant la fatigue, les fourmis dans les mollets et les poignets engourdis grâce à ce qui leur passe par les oreilles, tels des enfants entourant un conteur un soir de veillée.

Villagers - AfficheEt c’était exactement ça. C’était même mieux que ça : nous entendions des histoires, et nous en vivions une. Assis sur une chaise en bois, entouré de ces têtes plus basses que lui, Conor O’Brien était narrateur. Regardez-le pendant ‘Earthly Pleasure’ (à 14’30), nous conter l’histoire folle de cet homme catapulté en pleine guerre depuis ses chiottes. Ecoutez-le nous chuchoter un couplet, réciter le suivant tel un comploteur, fermer les yeux comme s’il visualisait la scène. Et voyez l’histoire qui se déroule devant nous, celle du jeu qui se joue en direct entre Conor et Vincent Segal, qui avait accepté le défi de jouer ce soir-là de son violoncelle, sans jamais avoir rencontré Villagers.

Cela nous rappela bien évidemment le jeu de séduction entre St Vincent et Andrew Bird. Vincent avait répété trois chansons, mais est resté jouer sur quasiment toutes, s’adaptant à merveille, incroyablement joueur, évidemment doué. Il pris même les rênes de la soirée à plusieurs reprises, racontant l’histoire d’un instrument de percussion ou insistant pour que Conor et Cormac s’essayent à une version plus musclée de ‘The Wave’.

Il y eut deux rappels, des chansons dans plusieurs pièces de l’appartement, des adolescentes qui connaissaient les paroles, Lisa Hannigan qui vient aider aux harmonies, des versions douces de chansons qui nous avaient impressionnées par leur puissance et au final toute l’incroyable palette de sentiments brossée par un musicien incroyable, l’un des plus beaux conteurs d’aujourd’hui, et dont l’album {Awayland} constitue le plus parfait recueil.

N’hésitez pas, ce disque est aussi magique que cette soirée dont nous avons voulu témoigner.

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Réalisé par Benoît Toulemonde
Produit par Chryde & Matthieu Buchsenschutz
Chef opérateur lumière : Thomas Jacquet
Chef opérateur image : Thomas Lallier
Images : Colin Solal Cardo, Julien Jaunet, Ernesto Giolitti, Thomas Jacquet, Thomas Lallier
Assistante réalisateur : Leslie Lagier
Chef opérateur son : Jean-Baptiste Aubonnet
Prise de son : François Clos, Etienne Pozzo
Assistant son : Nicolas Rochette
Mixage : Jean-Baptiste Aubonnet,Etienne Pozzo
Mastering : Etienne Pozzo
Régie : Jean-Baptiste Arbouch, Aelred Leplat
Montage : Leslie Lagier
Assistant montage : Tristan Bossy
Etalonnage : David Bouhsira
La Blogothèque : Chryde, Matthieu Buchsenschutz, Jonathan André, Dali Zourabichvili, Ondine Benetier
Stances : Benoît Toulemonde, Justine Sementzeff, Nicolas Rochette
Affiches / Graphisme : Thomas Baas