La Blogothèque

Gabriel Bruce

C’est un parfum ancien qui nous revient, une atmosphère que l’on croyait perdue, prise dans les rets de nos nostalgies. Une douce soirée d’automne, une petite troupe, des amis, des inconnus aussi, et un chanteur pour mener l’errance collective, timide et insouciante dans les rues de Paris, la nuit.

Le rappel de certains des épisodes les plus heureux des Concerts à emporter, les douces euphories des concerts à emporter des Hidden Cameras, de I’m from Barcelona, de Islands

Gabriel Bruce était arrivé l’après-midi même. Il avait un concert tard le soir au Silencio et avant cela, il avait tué le temps avec nous. Il est grand, pas très bavard, sa voix est aussi caverneuse que son sourire est candide. Ce soir là, il lui arrivait de rire comme un enfant. Il avait envie de faire plaisir, on sentait qu’il ne vainquait sa timidité que parce qu’une petite troupe lui demandait d’essayer. Alors il chantait, il nous apprenait les paroles, se plantait, recommençait… Jusqu’à ce que nous arrivions sous ce porche d’une cité ouvrière, qu’il puisse enfin donner toute la puissance requise par ses chansons, qu’il puisse pousser sa voix splendide, puissante, rageuse, qu’il puisse donner corps à un lyrisme qui est presque comme celui du jeune Bowie.