La Blogothèque

Reprendre ses classiques

L’âge aidant, entre deux claques plus ou moins remuantes (Efterklang, Motorama, Mono…), j’en viens à écouter des disques d’univers qui me sont nettement moins familiers : jazz, musique contemporaine, traditionnelle et classique. A adorer certains pans (Francesco Tristano, Andras Schiff…), à rester insensible à d’autres (le free-jazz en général) et à trouver fascinantes les incursions que font les uns chez les autres…

Fugitivement

Vision fugitive, comme le nom du label, celui du premier morceau (de Serguei Prokofiev) et celui de l’album de Jean-Marc Foltz et Stéphan Oliva. Un disque en touches discrètes – la clarinette du premier est lente et le piano du second économe – pour un exercice d’appropriation de répertoires a priori éloignés (John Coltrane et Alan Berg, Johannes Brahms et Witold Lutoslawski…) entrecoupé de compositions personnelles. Et une préférence marquée pour la reprise d’un morceau de Francis Poulenc (qui avait été créé, à titre posthume, déjà par deux jazzmen : Benny Goodman et Leonard Berstein) : plus de vie, plus de vivacité et plus de “swing”…

Jean-Marc Foltz & Stephan Oliva – Visions Fugitives, disponible chez Vision Fugitive www.visionfugitive.fr

En épure

Le violoniste anglais Garth Knox explore des territoires encore plus étendus et divers : de la musique de Hildegard von Bingen (XIIème siècle) à celle, contemporaine et plus expérimentale, de Kaija Saariaho, en passant par des airs traditionnels du folklore italien et celte. Au violon ou à la viole d’amour, accompagné d’un violoncelle et parfois de percussions, ses interprétations sont placées sous le signe du minimalisme et de l’épure (ainsi un concerto de Vivaldi réduit au strict minimum – deux musiciens). Dans le “Flow My Tears” du luthiste anglais du XVIIème siècle John Dowland, je retrouve ce qui me touche chez la compositrice grecque Eleni Karaindrou : la légèreté, la gravité, la sobre emphase et le minimalisme lumineux

Garth Knox – Saltarello, déjà disponible chez ECM

Avec lyrisme

Un titre d’album en latin, et comme sous-titre “Chants du Sud et du Nord” : de la Scandinavie aux rives de la Méditérrannée, de chants traditionnels à des compositions modernes. Arianna Savall était à bonne école, son père est le chef d’orchestre catalan Jordi Savall et sa mère était la chanteuse Monserrat Figueras. Elle sera harpiste et soprano, voyageuse et érudite, épousant un musicien norvégien et mélangeant les répertoires. Sur ce Hirundo Maris, il y a des réinterprétations d’airs traditionnels norvégiens qui laissent un peu froid mais surtout des arrangements d’airs catalans qui réchauffent le coeur, avec des atours orientaux et beaucoup de finesse. Et puis une très délicate “Tarantela” instrumentale pour ravir aussi…

Arianna Savall & Petter Udland Johansen – Hirundo Maris, déjà disponible chez ECM