En écoutant Life Is People le nouvel album (trop fourre-tout) de Bill Fay, son premier véritable depuis 1971 (les disques sortis ces dernières années étaient des réenregistrements de morceaux anciens), j’imagine que la musique de Nick Drake, s’il était vivant encore, aurait peut-être pu ressembler à l’une des multiples directions dans laquelle son camarade longtemps oublié s’épanouit désormais.
J’espère qu’il n’aurait pas pris l’option rock pompier (“There’s A Valley” infligée d’emblée, chanson parfaite pour les pathétiques célébrations télé ou “This World”, fatigante malgré la présence de Jeff Tweedy de Wilco). Il m’aurait également déçu s’il avait tourné mystique, célébrant dieu à chaque vers (“Thank You Lord”, “Be At Peace With Yourself” et autres quasi-prières musicalement banales). Je lui aurais tout de même pardonné ses tentatives plus expérimentales (“Big Painter”) et ses illuminations passagères.
J’aurais plutôt aimé que Nick Drake puisse devenir ce vieux monsieur barbu, à la voix encore remarquable (on pense étrangement à Johnny Cash parfois) qui troque sa guitare pour un simple piano, quelques gammes et beaucoup d’humanisme.Et qu’il puisse écrire des morceaux aussi bouleversants que “The Never Ending Happening” et “The Coast No Man Can Tell”…
Bill Fay – Life is People (Dead Oceans), sortie le 27 août.





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