“Evil lurks in California, Lee Marvin is afraid”. Une trentaine d’années plus tard, cette couverture d’Esquire me semble parfaitement d’actualité. Lee Marvin en moins, on s’entend. De Los Angeles à San Francisco, des ballades morbides de Chelsea Wolfe au drone fragile de Foie Gras, on dirait que le soleil a définitivement déserté la Bay Area pour laisser place à un gros nuage noir. Bonne nouvelle, une partie de moi se réjouit de voir une horde de créatures lucifuges mettre fin à quatre décennies de pantalons de chanvre, de guitares moisies et de propreté contestable.
La vingtaine à peine, et déjà adoubée par T.J. ‘King Dude’ Cowgill, Foie Gras intrigue. Ce nom, déjà, retentissant comme un crachat cinglant à la figure des vegans de San Francisco. Et cette impressionnante facilité à s’approprier les codes du drone et du métal pour les comprimer en petites symphonies de chambre, denses et feutrées.
http://foie.bandcamp.com/track/kissing-you
Mais on soupçonne ces nappes impénétrable de n’être là que pour la pudeur, de nous empêcher d’embrasser complètement la fragilité certaine qui se cache derrière les artifices mortuaires. Quand, sur Pretty, Foie Gras daigne enfin dévoiler sa voix, on ne peut s’empêcher de chavirer comme nous le fîmes jadis devant Jana Hunter. Celle qui, de son seul chant, nous arrachait des frissons et des petits bouts de colonne vertébrale avec.
http://foie.bandcamp.com/track/pretty
Un jour, c’est elle qui le dit, Foie Gras sortira “un album de rap de 60 minutes consacré Varg Vikernes”. Elle a aussi prévu de monter une équipe de Rolller-Derby avec les membres de Sunn o))), histoire de botter quelques culs. Je la crois sur parole, de toute façons, je suis amoureux. Mais en attendant, je me contenterai du prochain disque gratos qu’elle postera sur Bandcamp.
http://foie.bandcamp.com/track/loro-pinback-cover





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