La Blogothèque

#2 – The Savings and Loan

Nouvelle série sur la Blogo : « Bandcamp Fire », ou comment découvrir des artistes, des albums, des chansons au hasard de pérégrinations sur Bandcamp. Cette fois, Glasgow, Dieu, l’alcool et la figure tutélaire de Nick Cave…

Un son lo/fi artisanal et des grésillements d’antan pour l’enregistrement d’une énumération lente d’alcools locaux, et la voix usée du poète Tom Leonard qui cède brusquement sa place à celle de Martin Donelly, grave, posée, revenue de loin sûrement. L’accent écossais, discret cependant, pour chanter les églises vides, les vierges comme des fantasmes et les jeunes garçons catholiques sous la pluie.

Drinking all St Patrick’s day’s a privilege I’m sure / To weave your way through Wicklow on a college-sponsored tour / The final place God made, the first place that he blessed / A holy time for you, the first time you got a girl undressed

Guitares acoustiques, piano, chœurs fervents, de l’écho, de la réverbération et l’esprit d’un Nick Cave des bas-fonds de Glasgow capturé dans une belle ballade bancale, nostalgique et désabusée…

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Les rares chansons de The Savings and Loan ne parlent que de religion et d’alcool (omettant sciemment le football, dernière composante de la trinité rock écossaise) pour mieux parler d’autres choses. On y croise des crucifix sur les fenêtres, des ombres d’idoles sur les murs, des anges… mais on ne perçoit que souffrance et renoncement, fatalité et une façon sûrement thérapeutique de s’en débarrasser.

Time will pass, but the words won’t come / These things you held just to keep yourself warm / Time will pass, time’ll leave you all alone / With only swallows passing by

http://bandcamp.com/EmbeddedPlayer/v=2/track=3348538576/size=venti/bgcol=FFFFFF/linkcol=4285BB

Un peu fainéant (et justifiant partiellement en cela le post-post-rock, style en forme de néologisme, dont il est l’unique représentant), le duo de Glasgow a mis six années pour produire un album (Today I Need Light, 2010, Songs, By Toad Records), en grande partie composé de titres déjà sortis sur un EP éponyme trois années plus tôt. Presque aucun concert officiel mais deux recueils de poèmes… Pour s’exprimer, leur spleen a trouvé d’autres chemins que ceux strictement musicaux.