La Blogothèque
Concerts à emporter

Cee-Lo Green

On ne peut plus parler de placard. On ne peut plus dire qu’on a balayé de la manche la poussière qui s’était déposée sur la cassette. Mais c’était tout comme. Ouvrir, plus d’un an après, les rushes de cette après-midi surréaliste passée avec Cee-Lo Green dans les studios de la plaine St-Denis.

On se souvient du trop plein. Une loge à peine plus grande qu’un couloir, encombrée de l’entourage de Cee-Lo. Ses quatre choristes, son pote, son autre pote, et son manager qui parle avec un troisième pote. On se souvient du vide, d’un studio gigantesque, sur les bords duquel sont entassés des restes d’accessoires de tournages précédent. Le set-up le moins glamour qui soit, encore moins lorsque l’on pose deux chaises pliables en plastique, face à face, au milieu de l’espace.

Cee-Lo n’a jamais enlevé ses lunettes. Il n’a jamais lacé ses chaussures non plus, même si ça n’arrangeait pas ses douleurs dorsales, seul sujet de conversation (avec sa montre bling bling) que nous aurons avec lui. On se souvenait de lui grimé en légionnaire romain, en Darth Vader, en Jason ou en Morpheus. On se souvenait de lui en bête de scène, joueur, capable de pas de danses surréalistes pour sa masse corporelle. Pour nous, rien, nada : on aura juste droit à Cee-Lo se levant laborieusement de sa chaise.

Je me souviens que quelques heures après, il passait à l’album de la semaine. Là-bas, il a dansé, bougé, fait son show. Nous nous sommes alors demandé si nous nous étions fait avoir ou si au contraire, en étant victimes de l’économie d’efforts de Cee-Lo, nous n’avions pas au final capturé une prestation vraiment inédite.

Et puis nous revoyons ces rushes. Entendons le grain de cette voix douce et maline. Nous apercevons que toute l’interprétation reposait ce jour là sur ce filet de voix et sur quelques mimiques. Oui, on a eu quelque chose d’inhabituel. Et on avait jamais vu une aussi grosse montre.