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The Twilight Sad

C’était un fantasme, une obsession et immense plaisir à enfin pouvoir concrétiser ce rêve étrange : faire jouer en acoustique ces écossais adeptes d’un rock exigeant, brutal et volontiers violent. Ils n’étaient pas néophytes en l’exercice, ils avaient déjà diffusé des versions dépouillées de certains morceaux, relectures étonnantes et poignantes de chansons habituellement tendues et saturées de guitares. Ils venaient de finir l’enregistrement de leur troisième album – No One Can Ever Know – aux sons plus synthétiques ; le challenge acoustique, presque inédit avec ces nouvelles chansons, “Sick” puis “Alphabet”, était d’autant plus séduisant.

On a marché dans des rues tranquilles du vingtième arrondissement parisien, longé le cimetière du Père Lachaise, investi des ruelles et des impasses. On a dû affronter l’ire singulière d’une dame qui avait mis du fado à très fort volume après nous avoir vu nous installer sous ses fenêtres. “She doesn’t like scottish folk music” ou la magnifique déclinaison que le duo écossais en avait fait cet après-midi-là.

Qu’importe, James Graham semblait aussi habité que sur scène, le corps qui chante, les yeux fermés le plus souvent, révulsés quand ils s’ouvraient, dans une sorte de transe et d’ondulations inconscientes. Andy MacFarlane, adepte du stoïcisme, l’accompagnait discrètement, de notes presque insoupçonnables. C’était l’accent écossais presque a capella, une belle épure. Le contraste sonore avec le concert qu’ils allaient donner le soir-même à la Flèche d’Or était immense, le contraste visuel l’était moins… Chez The Twilight Sad, l’intensité est dans le regard.

No One Can Ever Know, le troisième album de The Twilight Sad est disponible chez Fat Cat Records.