Woollen Kits – “Maths” (Maths/Out Of Town EP)
J’ai découvert “Maths” sur l’excellente compilation sortie par Fan Death Records en décembre dernier. Depuis je n’ai pas appris grand-chose de plus sur Woollen Kits, sinon qu’ils sont un trio australien “arborant des coupes de cheveux sympa “. Et qu’à l’instar de leurs potes The UV Race (dont on vous parlait ici) et Assassins 88, il font partie d’une nouvelle vague de garage australien qui j’espère effacera de nos mémoires l’indigeste disque de Tame Impala. Ce morceau me fait penser à Calvin Johnson qui aurait arrêté de poser, vidé quelques pintes dans un pub dégueulasse de Melbourne et se serait mis en tête de composer un hymne pour faire chanter les poivrots. Les Woollen Kits sortiront leur premier LP sur RIP Society Records à la fin du mois, et comme j’aime Beat Happening et la bière, ce disque a déjà toute ma sympathie. [François]
La Féline – “Johnny Remember Me” (reprise d’un morceau de Geoff Goddard, Echo EP)
Les cow-boys ont disparu depuis longtemps, remplacés par des cow-girls à la voix cristalline. Elles chantent le souvenir d’un homme, l’amour qu’elles ont perdu, le vent. Elles chantent ce que chantent toutes les femmes du monde quand elles sont tristes, sauf qu’Agnès, la chanteuse de La Féline le chante mieux que bien d’autres. D’une voix limpide et haut timbrée, avec bravache, Agnès reprend sur son dernier EP des titres anciens comme celui-ci, chanson de 1961, du Badalamenti sur un morceau de la B.O de Twin Peaks ou encore une vieille chanson française aux paroles délicieusement cruelles “Le roi a fait battre tambour”. Et à chaque chanson, La Féline fait œuvre. Elle nous donne à entendre autrement ces airs que l’on a déjà entendus voire chantés de nombreuses fois. Le groupe aidé de Stéphane Laporte aka Domotic (Centenaire, Karaocake, Egyptology…) fait claquer dans ce morne hiver français, un orgueil musical bien plaisant. La Féline ne veut pas juste « plaire », La Féline veut apporter un air nouveau et vivifiant à la musique française. Et à sa façon, dans l’ombre, elle y réussit. [Disso]
Sandro Perri – “Love and Light” (Tiny Mirrors)
Sandro Perri, ou comment faire de chacune de ses chansons un jeu de pistes aux multiples ramifications, terrassant à sa façon la notion de genre musical. L’électron libre de Constellation nous revient, quatre ans après, avec Tiny Mirrors, avec un deuxième album maniant l’art de l’apesanteur avec autant de détermination que le précédent, une pincée d’électro en plus, et deux doigts de rythmique pour favoriser l’ébullition. Sur “Impossible Spaces” (tout un programme), l’ex-nommé Polmo Polpo laisse aller sa voix tel un Andrew Bird entré dans une faille temporelle où les musiciens de Gil Scott-Heron auraient signé un traité d’alliance avec Tarwater. Sur le “Love and Light” que nous avons choisi ici, Sandro Perri a une audace à laquelle il ne nous avait pas habituée : il livre un morceau au format radiophonique. Mais ne cherchez pas le refrain. Il est planqué derrière le contretemps hypnotique de la caisse claire et séquestré sous le delay de la guitare. Introuvable, insaisissable, fuyant. Comme tout morceau de musique signé Sandro Perri. [Rouquinho]
Edward Barrow – “The Black Tree” (The Black Tree)
Chacun ses références, son imaginaire et les associations qui peuvent en découler. On a entendu et on entendra en Edward Barrow du Andrew Bird, du Antony Hegarty, du Jay-Jay Johanson ou du Thomas Dybdahl quand il vocalise subtilement et harmonise élégamment. On l’a comparé et on le comparera aux incontournables acteurs de la pop dance anglo-saxonne (Pet Shop Boys, Erasure et ton à la Jarvis Cocker) quand il s’électronise savamment. Ailleurs, on a évoqué et on évoquera Elvis Presley, Johnny Cash, Otis Redding ou Nick Cave en impressions subjectives mais collectivement partagées quand il s’autorise du pillage fin. A défaut de circonscrire l’étendue des possibles de ce jeune homme parisien (d’origine britannique of course), on se raccrochera aux branches (stylistiques) quand lui s’en servira comme tremplin. “The Black Tree”, la chanson posée, évidemment non strictement représentative d’un album d’une classe remarquable. [Rockoh]
Cough Cool – “Rider” (Cough Cool/Johnny Hawaii Split-tape)
Je ne sais pas si c’est parce que le prix des loyers et de la drogue y sont particulièrement bas, mais Philadelphie semble être devenue le nouvel eldorado de la lo-fi camée. Après Lantern et Purling Hiss, c’est au tour de Cough Cool (coucou les Misfits) de nous délivrer notre dose saisonnière de psychédélisme frelaté et de pop passée au papier de verre. Trente minutes montre en main, quatre accord saturés et une boite à rythme moisie suffisent ici à résumer trois décennies d’indie distordue, le tout avec une facilité à la limite de l’insolence. La split-tape de Cough Cool avec le surfer marseillais Johnny Hawaii est déjà sold-out mais vous pouvez toujours vous consoler avec l’excellent Lately, sorti chez Bathetic le mois dernier. À condition bien sûr de vous dépêcher. [François]





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