La Blogothèque

Le gospel des revenants.

On avait croisé Ben Chisholm avec la ténébreuse Chelsea Wolfe au Palais du Grand Large lors de la dernière Route du Rock. Caché derrière ses machines, œuvrant tel un marionnettiste dans la pénombre, l’homme nous avait assez intrigué pour qu’on se penche un peu plus sur son projet solo, White Horse, nommé d’après le cavalier de l’apocalypse porteur du verbe de Dieu. Le God Spell. Bonne ambiance.

On retrouve sur The Revenant Gospels cette même capacité à tisser des toiles sonores aussi pesantes qu’obsédantes, quelque part entre indus et electronica glaciale. En habile nécromancien, Chisholm distord la parole de “ceux qui ne sont plus”, la transcende en mantras glauques et vénéneux.

http://whitehorse.bandcamp.com/track/nothing-was-beautiful-and-everything-hurt

Puisant tout d’abord dans l’intarissable source des field recordings religieux, Chisholm ressuscite maintenant ses contemporains.  Après  Nico et Freddie Mercury, c’est maintenant au tour des deux martyrs du gangsta-rap, Tupac et Biggie, d’être exhumés sur sa mixtape pour Terror Eyes. Ici, White Horse décortique et retravaille les titres phares des frères ennemis avec une solennité dramatique propre aux cérémonies funéraires. Point culminant, la transposition de  Me Against The World dans le contexte flippant de Twin Peaks. Le choc des mythologies modernes.

http://whitehorse.bandcamp.com/track/me-against-the-world-2