La Blogothèque
Concerts à emporter

Dirty Beaches

Il est certains artistes pour lesquels nous imaginons d’instinct la façon dont nous voulons les filmer. Comme une évidence. C’était le cas pour Dirty Beaches. De l’obscurité, de l’étrange, de l’angoissant, du lynchéen.

Nous avions fait une tentative l’été dernier au Midi Festival, en cachant Alex Zhang Hungtai parmi les fourrés, une fois les concerts terminés, dans une obscurité totale, éclairé par un téléphone seulement. Personne n’était vraiment satisfait du résultat. Mais nous voulions répéter le procédé.

Alex venait de terminer son concert au point FMR. Il y avait un passage obscur, sous un pont, à quelques dizaines de mètres de là. Il rejeta d’emblée l’idée de prendre sa guitare : il ne voulait pas du son sec de nos ampli de poches. Ce seront ses mains, sa voix, et le saxophone qui l’accompagnaient depuis peu sur ses tournées.

Et donc, une obscurité quasi totale, une loupiote, et cette soudaine violence, cette improvisation comme une gifle, un rugissement. Plus j’écoute Dirty Beaches, plus nous le filmons, plus nous le voyons en live, moins il me semble possible de définir sa musique. Il multiplie les fausses pistes, les détours, virant d’une mélancolie sourde à de furieux éclats, des blues furieux comme extirpés à la main de terres sèches. La minute d’avant, Alex faisait quelques blagues, parlait avec douceur. Où était tapie cette musique avant de sortir comme cela, nous ne le saurons jamais.