Sur la petite scène du Studio des Champs Elysées, l’hiver dernier, Ólöf Arnalds offrait des roses aux femmes des premiers rangs et du bonheur à tous les autres spectateurs…
Un concert intime où la demoiselle d’Islande agrémentait son répertoire personnel de folk baladin d’autrui, avec des reprises inattendues et rayonnantes (dont le “Maria Bethania” de Caetano Veloso, joliment dépaysé pour l’occasion).
Les absents avaient tort, comme toujours, mais Ólöf, grand cœur et générosité immense, a continué toute l’année à distiller, de scènes en scènes, ses interprétations de standards du siècle dernier. Et a fini par les enregistrer, cet été, pour un Ólöf Sings qui permet maintenant d’en profiter à foison, à la maison, égoïstement, le cœur au chaud.

Seule à la guitare, avec petits dérapages et grande bonté, elle donne des intonations de vieille fille des fjords à Arthur Russell, Gene Clark, Bruce Springsteen, Neil Diamond, Bob Dylan et Caetano Veloso, leur met du rouge aux joues, du fard sur les paupières et une belle robe longue rouge sang. “Solitary Man” fait moins viril du coup, mais tout aussi touchant… “At night I wake up with the sheets soaking wet / And a freight train running through the middle of my head / Only you can cool my desire / I’m on fire” chanté avec nœuds dans les cheveux, des perles aux oreilles et un sourire mutin, en deviendrait presque sensuel… On lui pardonnerait parjures et blasphèmes ceci étant, persuadé qu’entre ses mains, tout peut devenir félicité et beauté instantanée…
Six chansons c’est court mais les émotions sont longues quand le charme est ainsi fait.





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