La Blogothèque
Concerts à emporter

Kathleen Edwards

Elle parlait parfaitement Français, mais osait à peine le faire. Elle nous racontait des histoires, dont certaines seraient répétées le soir même sur scène, des histoires à propos de nos mots, de nos expressions, comme faites pour nous charmer, nous le public parisien devant qui elle n’avait jamais joué.

Kathleen Edwards était calme, patiente, il faisait un peu gris, on était dimanche.

La Grande Halle de la Villette bruissait depuis l’aube. Les concerts du jour se préparaient. Autour, sur le gazon, les footballeurs du dimanche faisaient ce qu’ils font le dimanche. Des passes, des dribbles, des tacles, les genoux dans l’herbe, les glissades. Nous n’avons pas interagi avec eux, Colin préférant se servir d’eux comme d’un décor, d’une arrière scène rendue irréelle par l’ombre de l’arbre sous lequel le groupe s’est abrité.

Derrière, il y avait une de ces incongruités propres au Parc de la Villette, végétations luxuriantes traversées par des éléments de métal et de béton… Ils s’y sont tous engouffrés. Quand ils sont revenus, Colin m’a montré les images. Il riait. “Regarde, j’ai fait mon Uncle Boonme“. Des bambous à profusion, une musique douce, de lents mouvements de caméra. Il n’est pas difficile de rêver lors d’un dimanche matin d’automne.