La Blogothèque
Concerts à emporter

Real Estate

Comme une envie d’aller voir la mer.

Au début de l’année dernière, Garrincha dans un article consacré à Fake Blues, disait de Real Estate qu’ils jouent “le blues d’un monde occidental qui n’entend plus que des rumeurs de vagues mais qui rêve d’aller voir la mer, la vraie”.

Ces mots toujours en tête, nous cherchions un endroit hors du temps et de la foule, un lieu propre à faire écho aux choeurs doux et à la nostalgie emplie de réverb du groupe du New Jersey. Il faut dire aussi que le ciel gris et bas de ce milieu d’après-midi favorisait une posture alanguie et un certain vague à l’âme.

C’est un peu à l’écart du festival que nous avons trouvé le lieu idéal: une voie de chemin de fer abandonnée, un pont métallique enjambant le canal de l’Ourcq avec en toile de fond un immeuble en cours de démolition qui, si nous l’avions précisément cherché, aurait pu faire croire à une blague de potache.

Une fois en place, en compagnie de quelques festivaliers qui nous avaient emboités le pas, les guitares de Green Aisles ont commencé à déployer leur blues urbain dans ce décor sur mesure. Là, regardant au loin pour quelques minutes, nous nous sommes mis à rêver d’ailleurs, confortablement installés dans la voix de Martin Courtney.