Dans un monde idéal, blablabla… Dans un monde idéal, on déroulerait des clichés : Stephen Jones jouerait dans des stades, vivrait dans un loft immense à New-York ou Los Angeles, il passerait chaque soir des bras d’une top-model aux draps d’une actrice bankable, ses chansons seraient des hymnes et ses refrains repris de Singapour à Mexico. Il évoquerait le star-system, la gloire ou le bonheur dans ses morceaux. Il pourrait même intituler un de ses albums Fuck me, I’m so fuckin’ famous…
Mais nous ne vivons pas dans un monde idéal. Stephen Jones est Babybird, nom de scène un peu ridicule qui lui colle à la peau depuis des débuts confidentiels (cinq albums à tirages limités avant l’explosion de l’album Ugly Beautiful et ses tubes “Goodnight” et “You’re Gorgeous”). Il intitule ses albums Ex-Maniac ou The Pleasures Of Self-Destruction. Il vit peut-être encore à Sheffield, dans une maison d’ouvrier identique à toutes celles des environs, avec des traites à payer et une famille à nourrir. Il n’expose pas sa femme dans les médias et les soirées fashion. D’ailleurs, célibataire, divorcé, une pension alimentaire à payer ? Et à défaut d’écrire sur ses réussites professionnelles et artistiques, il illustre le loser en lui, l’alcoolique (repenti ?), la grande gueule au cœur tendre, le rebelle asocial, le spécialiste des ratés du mariage et de la vie… Il ne finira pas statufié et on le retrouvera peut-être un jour “ Crucified on a Christmas Tree in a shopping mall “…
Dans un monde idéal, il serait Robbie Williams à la place de Robbie Williams, il serait Sinatra et Tom Waits dans un même corps d’anglais (frêle puis bodybuildé…). Dans notre monde, il est l’incarnation musicale de Frederick Exley, “Le Dernier Stade de la Soif” mis en notes, en chansons irrésistibles, qui parlent d’amour, parfois magnifiquement, et surtout de fêlures somptueuses.
Dans un monde idéal, on le frôlerait du regard. Dans notre monde, on pourra l’applaudir à Allonnes (à côté du Mans) pour son premier concert français depuis dix ans.
Dans un monde idéal, il serait fade, aseptisé et stéréotypé. Dans notre monde, il est un songwriter essentiel, un héros du quotidien, un grand éclopé, une légende des gens ordinaires… et un artiste fascinant.
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Le dernier album de Babybird, The Pleasures Of Self-Destruction est sorti le 25 octobre dernier.
Babybird était en concert le vendredi 4 novembre à Allonnes (Sarthe) dans le cadre des Soirées Indépendantes #1 (avec Novö et Two Hats In The Crowd.)






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