Paul, comment avez-vous travaillé ces cinq dernière années ?
Paul Carter : En fait, on n’a rien fait l’essentiel du temps. Je veux dire : pas en tant que Flotation Toy Warning. A la fin du process du dernier album, on avait tout simplement perdu le plaisir de travailler ensemble. Nous sommes par nature hyper-pointilleux, hyper-soignés, cela rend le processus très lent. Les gens savent que nous sommes des musiciens capables de passer quinze jours sur deux mesures, et vraiment, ce n’est pas bon pour la santé. On devrait penser à davantage s’aérer parfois…
Je pense qu’on a poussé cet aspect-là un peu trop loin. Ça a pu être douloureux par moments. Donc on a tout arrêté après cet album, dont j’espère, malgré tout, que nous pouvons être fiers encore à ce jour. Pourquoi continuer si c’est pour n’y prendre aucun plaisir ? On avait tous de quoi faire à côté. Nainesh et Ben ont fait un documentaire sur le Reading Festival avec Steve, notre nouveau batteur. Vicky a étudié la conservation des écrits. Moi j’ai fait de la musique avec plein de gens notamment The Fitzcarraldo Sessions. Ben et Steve ont enregistré sous le nom de State Sponsored Jukebox. Et Nainesh a formé un groupe appelé Tradesman’s Entrance. Il a aussi passé pas mal de temps à peaufiner ses connaissances comme ingénieur du son. Très utile, je dois dire. Certains ont eu des enfants. Et puis, il y a quelque temps, Ben et moi avons envisagé d’écrire à nouveau ensemble, pour voir si ça nous stimulait. Ça a été progressif, et on a atteint le point où nous avions suffisamment de matériau excitant pour dire « go » à nouveau.
La nouvelle direction artistique est-elle claire pour le groupe ?
Absolument pas, vous l’aurez compris. Bon, on n’a jamais vraiment eu de « plan » musical, nous nous sommes toujours fiés à notre instinct. A chaque fois que nous avons tenté quelque chose avec une direction donnée, le résultat a été pourri. Pour nous, la seule façon de travailler est de suivre la musique pour voir où elle nous mène. On s’est très souvent retrouvé avec des choses complètement différentes de ce qu’on pouvait imaginer au départ . Le meilleur exemple, c’est « Fire Engine On Fire ». Au départ c’était une chanson. A l’arrivée, on en a eu trois.
Quelles sont les différences entre le Flotation Toy Warning qu’on connaissait et le groupe de maintenant ?
Beaucoup de choses… mais fondamentalement nous sommes restés les mêmes. Notre batteur Colin Coxall a commencé une nouvelle vie au Japon. Steve Swindon, qui avait enregistré Bluffer’s Guide to the Flight Deck et nos deux EPs précédents a appris la batterie et l’a remplacé. Avant, on avait encore quelques backing tracks pré-enregistrées pour reproduire les morceaux en concert. Il y avait beaucoup de couches alors que nous étions seulement cinq. Ça ne nous rendait pas très heureux, mais nous n’avions pas d’alternative. Nous avons deux nouveaux membres, Lizzy et Adrian, qui sont très polyvalents. Aujourd’hui, nous sommes sept ce qui fait soixante-dix doigts pour interpréter la musique de Flotation Toy Warning. Etonnant non ? Le processus d’écriture est plus facile, à un tas de points de vue. Ben et moi, on trouve que les bonnes idées viennent plus vite, et qu’elles ont plus de consistance. On tâche de moins travailler au ralenti, on se force à prendre des décisions plus vite, car nous n’avons matériellement pas le temps d’être trop obsédés par les détails.
Pourquoi un single d’abord ?
Bon, on l’écoute quand cet album ?
Il va falloir être encore un peu patient. Disons l’année prochaine. On a appris ces dernières années à ne pas faire de prévision précise. Ce qui est sûr, c’est qu’un single arrive et un autre encore derrière.
Vous avez tenté les nouvelles chansons sur scène ?
On n’a fait que trois concerts depuis qu’on a repris, et un sous un faux nom ! On joué « When The Boat Comes Inside Your House » et « A Season Underground », un vrai frisson. Il y a plusieurs nouveaux morceaux dans la set list de la tournée qui débute. Il y a d’ailleurs matière à polémique : l’un d’eux a un tempo suffisamment rapide pour qu’on puisse danser dessus.
Flotation Toy Warning est en tournée en France jusqu’à la fin du mois.






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