La Blogothèque
Concerts à emporter

My Brightest Diamond

Shara Worden, aka My Brightest Diamond, nous l’avons filmée deux fois. D’abord dans un parc à New York, avec des cordes, une danseuse et un masque de marionette. Puis à Berlin, un matin de gueule de bois, où elle était seule, avec la plus belle chanson de l’année.

Prologue

Cela commence un peu avant. Tu sors d’une soirée, puis d’une nuit difficile. Tu te retrouves seul le matin, tu avais mis le disque pour avoir de la compagnie. Voilà que cette chanson arrive, tu ne l’avais donc jamais entendue auparavant, et elle te terrasse, simplement, te prive de tes forces, et face à elle, tu ne peux que t’asseoir sur le canapé, ne plus rien faire, pleurer.

——-

Chapitre 2 – Berlin

Nous sommes à Berlin pour trois jours, pour couvrir le MichelBerger Mystery Music Festival. Shara est là, avec son mari et son fils. Ils sont arrivés il y a quelques jours, vont rester encore un peu après. Insouciants, restant plus que nécessaire dans la salle du petit déjeuner, ouverts à la discussion. Nous parlons de ces films qu’elle a fait avec Derrick à New York, de la crainte qu’elle a de sa fatigue d’alors, nous parlons du concert qu’elle va donner, pour lequel elle passera des heures à répéter seule sur son clavier, et qui se révélera époustouflant. Je mesure mes mots.

Après ce concert, j’oserai enfin lui demander ce que je voulais lui demander dès le premier matin, de chanter pour nous cette berceuse qui m’avait terrassée. C’est un dimanche matin, un matin de gueules de bois. L’hôtel entier est comme en suspension. Nous lui demandons de se mettre au bar, de chanter pour elle, de chanter pour son fils (pour qui elle a écrit cette chanson). Nous nous effaçons. Elle, non : à la fin de la prise, je pleure. Elle aussi.

——

Chapitre 1 – NYC

(Texte en cours de traduction)