Une soirée pour exorciser bien des démons, rattraper quelques rendez-vous manqués, balayer des pans stylistiques exigeants et assiéger quelques fertés. Se faire plaisir au demeurant aussi, en s’abreuvant live de rocks intenses. En trois adjectifs plaisants à illustrer d’un exemple anglais et de deux références écossaises de haute volée, et en réactions graduelles…
Mesuré…
Et surtout nostalgique. D’un graal nineties, Teenage Fanclub en ligne de mire et le soin apporté aux singles (option Fountains of Wayne), la précision qui n’empêche pas la distorsion (légère) et le son vitaminé/brouillon. Mazes, jeunes gens anglais, brillants, se chargeront d’ouvrir les hostilités qu’on rebaptisera aussitôt armistices, convaincu d’avance de leur rock concis et de leurs manières érudites. De l’émancipation raisonnée et de quoi s’échauffer avant les déflagrations…
Extrémiste…
Obsession personnelle, régulièrement et sincèrement assumée (“c’est bruyant, violent, assourdissant, brutal parfois…“, “Et tu aimes çà toi ?“, “Hum… oui, beaucoup !” n’en déplaise aux bonnes manières). La provenance écossaise y étant pour beaucoup, il n’est pas dit qu’un autre accent que celui, épais, de James Graham, puisse créer la même “félicité” chez moi… Obsession mais lucidité, The Twilight Sad fin 2011, ce sont quelques interrogations de la tendance à venir : dans le dépassement du monument noisy qu’était Forget The Night Ahead, dans l’inversion de trajectoire et la prolongation des effets cautérisants du splendide EP acoustique minimaliste de l’hiver dernier ou dans la confirmation des rumeurs qui annoncent un troisième album plutôt posé mais aux influences kraut ? Qu’importe, avant le disque, les tympans délicats se protégeront des sons forts : le groupe a beau avoir perdu son bassiste, il est suppléé sur scène et épaulé d’un clavier qui crée d’autres nappes rugissantes. Aucun risque de somnolence, mais de nombreuses possibilités d’addictions fortes…
Radical…
Et tête d’affiche, légitime au regard du deuxième album surprenant et ambitieux (à venir prochainement) pour les autres prodiges écossais de We Were Promised Jetpacks. Au lieu de capitaliser et de bâtir d’autres ouvrages “pop” tels les single épatants de son premier album These Four Walls (“Quiet Little Voices”, “It’s Thunder and It’s Lightning”) le groupe a pris d’autres voies plus audacieuses/suicidaires à rebours des habitudes d’assagissements convenus. Radicalisation du propos : effacement du chant au profit des guitares, allongement des intros, martèlement des riffs en marque de fabrique et musique globalement plus obscure… C’est aussi ambitieux que déstabilisant et casse-gueule. Pour une transformation inédite en live en Melvins speedés (78 tours minutes) jouant de la pesanteur comme d’une contrainte vite effacée ou dans les pas précédents d’un rock lourd mais particulièrement leste…
Fat Cat European Tour 2011 à la Flèche d’Or ce vendredi 16 septembre






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