Des Écossais ordinaires ou pas… L’ami de Gullane et nos textos les jours de match des VI Nations, tradition respectée depuis 1996. Les professeurs d’université qui s’excusaient de leurs accents prononcés auprès des étudiants étrangers et les invitaient au pub pour socialiser après les cours. L’automobiliste, sur l’île d’Arran, qui avait embarqué quatre auto-stoppeurs trempés et crottés dans sa voiture toute propre. Les gens singuliers croisés à Inverewe, Braemar, Aberdeen ou Portree. La petite frappe de seize ans qui m’a cassé le nez un soir d’hiver pour impressionner ses potes. Les Écossais et Écossaises d’adoption, qu’ils soient gallois ou savoyards (mais surtout pas anglais…).
Et puis, quelques rockeurs écossais… Roddy Woomble, des débuts punks dans les bars d’Edimbourg, au folk traditionnel de l’île de Mull. Stuart Braithwaite et le radicalisme de Mogwai dans la musique comme dans le foot. Neil Pennycook, leader improbable du groupe le plus passionnant du moment, les enivrants Meursault…
James Graham aussi, quand il hurle et feint la transe sur scène, raconte des histoires de famille terrifiantes dans les chansons de Twilight Sad, mais sait s’adoucir quand il n’a qu’une guitare acoustique comme acolyte. Ses « Scream, scream all you want » dans ce morceau pourtant sobre, où il a su s’entourer de charmantes complices de thérapie…
Alasdair Roberts, entendu pour la première fois avec ses Appendix Out à Glasgow, le brillant avenir indé folk qui lui tendait les bras et son obsession désormais brillamment assumée à perpétuer les traditions folks écossaises presque médiévales.
Et puis Rod Jones, qui, sans tapage, réunit quelques songwriters et interprètes remarquables de la scène rock écossaise, mélange un peu les genres, associe de façon logique ou singulière et organise cette première édition d’une œuvre collective au service d’une cause qui le touche de près : faire changer le regard sur les maladies mentales, et considérer, entre autres, la dépression comme une vraie pathologie… En musique, puisqu’elle peut servir à autre chose qu’à adoucir les mœurs.





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