La Blogothèque

Baxter et la fille, par la fille

Il y a 3 semaines, elle ne savait pas qu’elle pouvait chanter. Elle ne le savait sans doute pas il y a deux heures, et alors qu’elle se trouve collée à ce micro, elle se le demande encore. Elle n’a qu’une certitude, et elle n’est pas sienne : il avait l’air si convaincu quand il l’a invitée, qu’elle a dit oui malgré elle.

Et la voilà, raide, belle, impressionnée et téméraire, comme si elle s’apprêtait à sauter de trop haut. Il est là, juste derrière elle. Il n’y a d’abord qu’une phrase à répéter, il lui a dit de faire comme si elle s’en foutait, de ne rien pousser. Elle pose une voix blasée, mais c’est comme si elle s’époumonait. Elle découvre sa voix, et sa main à lui qui se pose sur sa hanche. Il n’est plus derrière elle, il est contre elle. Elle le sent contre ses fesses, elle sent sa joue qui s’approche. Il ne l’avait pas prévenue, le voilà qui chante avec elle.

Le couplet terminé, il s’éloigne sans dire mot. Elle chante le refrain, elle pourrait pleurer, puis pester, elle est en même temps grisée. Même quand il se met à rire comme un fou, elle ne s’arrête plus. Elle se dit que ça devait être un peu comme ça, d’être Jane Birkin en 68.

Photo de tête : Maeva P.