Mai 2006, Soirée Islande, Mon Amour au Nouveau Casino, Paris. Apparat Organ Quartet et des souvenirs stroboscopiques : nuage de fumée, quatre figures playmobil qui en sortent, élégance de costumes trois-pièces, alignement de synthés vintage en front de scène et batteur hellefestien en retrait, rythmique martiale et chorégraphies kraftwerkiennes, riffs noisy et attaques violentes, de l’électro-métal joué presque les mains dans les poches, une efficacité bluffante et, du bout des doigts, par simples pressions sur des touches insoupçonnables d’effets, toute une mythologie qui fout le camp et une relativisation qui s’impose…
“ Notre batteur […] a commencé sa carrière dans des groupes de heavy metal. Nous sommes de grands fans de groupes comme Slayer et Sepultura. Nous appelons parfois notre music “Machine Rock and Roll”. Nous aimons les riffs minimaux, les mélodies simples et les rythmiques puissantes. Cela, quand c’est joué fort, devient quelque chose proche de ce que certaines personnes appellent “rock”. Quand c’est joué plus doucement, cela devient autre chose(le grand Johann Johannsson dans une interview singulière, il y a quelques années). ”
Ce soir-là, c’était très fort : de la pop électronique qui prenait tellement d’ampleur qu’elle explosait les limites édictées du genre et finissait par rivaliser avec des machineries d’autres chapelles : Melvins ou Tad joué au Bontempi, ZZ Top ou Motörhead sur un vieux Hammond, Add N to (X) ou Luke Slater qui deviennent soudainement de la musique de chambre.


Sur disque, logiquement, c’est nettement plus soft. Quelques riffs et accélérations des rythmiques pour rappeler les possibilités de puissances, mais surtout, de la pop bricolée, nostalgique eighties et qui flirte trop souvent avec le kitsch pour ne pas s’en revendiquer un peu quelque part. Le groupe est né en 1999, mais ne sort que deux disques en douze ans : un album éponyme en 2002 (qui mettra quelques années encore avant d’être disponible hors d’Islande) et le tout récent Pólýfónía. La recette, exigeante et originale (qui d’autre fait de la musique avec quatre synthés vintages customisés et un batteur – essentiel – d’appoint ?) n’a pas varié : sucreries synthétiques qui ne rêvent que de décibels et de vriller les tympans et se contentent de titiller les conduits auditifs avant de les kärchériser définitivement une fois acclimatés et prêts au live…
Photo de tête par Pu the Owl, originellement publiée sur ce billet.





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