La Blogothèque
Concerts à emporter

Bomba estereo

Belfort, juin 2010. C’était la première fois qu’on entendait parler d’eux, la nuit tombait sur le camping des Eurockéennes. On pouvait lire dans le programme qu’ils venaient de Bogota, ça disait ‘cumbia digital’ ou ‘electro tropical’ et on n’avait aucune idée de à quoi s’attendre. Le festival débutait ce soir là, les voitures se garaient encore, les tentes se montaient lorsque déboulèrent sur scène trois jeunes hommes. La curiosité était dans l’air, le son partait fort, dansant, et on ne savait pas encore qu’il y avait une chanteuse. Liliana Saumet, ‘Lili’, la fille de Santa Marta, attendait son moment, elle arriva en courant sur scène, éructant “Fuego” et le public hurla comme un seul homme.

Quelques mois plus tard, de passage à Recife, discutant de musique avec Paulo André, le légendaire manager de feu Chico Science, il mentionne Bomba Estereo en ces simples mots – “c’est le meilleur groupe du continent”.

Barranquilla, mars 2011, le grand carnaval colombien de la côte caraïbe. Longue, trop longue soirée organisée par Red Bull, cocktail marijuana energy drink passable lorsque l’alcool vient à manquer. Le groupe arrive sur scène à 2 heures passées. Souvenirs confus, un son toujours aussi dansant mais un dernier morceau qui dénote. Superbe envolée mélodique et apaisée pour conclure la nuit, qui semble annoncer les prochaines aventures musicales.
Bogota, dans la foulée. C’est Simon Mejia qui dirige la manoeuvre, c’est lui l’homme du son Bomba Estereo. Il a monté le groupe seul, puis a su s’entourer. Lili n’est pas arrivée tout de suite, elle faisait partie du premier album à base de collaborations, mais son flow défini désormais le son des bogotanos. La voix colombienne moderne associée au savoir des traditions et à la science du son de Mejia, et Bomba Estereo montre un chemin – connaitre assez son passé pour jouer le jeu du futur.

Simon ne veut pas d’électronique, il veut tenter un set acoustique pur, c’est risqué et ils ne veulent d’ailleurs faire que des nouveaux morceaux. C’est le début de mon aventure colombienne, une journée grise comme Bogota les fait si bien, on a invité quelques amis à suivre le périple. Je suis malade, à bout de forces, mon énergie déteint et on se traîne un peu difficilement. On avait prévu de terminer avec cette superbe vue au dessus de la ville, depuis les hauteurs de Monserrate. On dit que le lieu était un ancien lieu de culte indigène, dédié aux femmes, les Espagnols ont massacré évidemment la chose en y plantant une église.

Le temps est lourd, Lili me fait la gueule a la fin, et Alejandra ma copine alors s’en prend aussi à moi. Merde. La légende dit aussi que les couples qui montent à Monserrate ne redescendent pas ensemble. Bomba Estereo reprend sa route, et la Colombie est bien vivante.