La Blogothèque

The Shakes, ‘You ain’t alone’

Cela devait faire cet effet là, d’entendre Janis Joplin ou Otis Redding la première fois. D’acheter un vinyle sur les conseils d’un ami, d’un disquaire (oh, souviens-toi, un disquaire), de poser l’aiguille, et de prendre sa claque. Une voix que l’on sentirait presque physiquement vibrer sur les sillons, une voix qui enfle doucement, qui n’a besoin que d’un gémissement pour prendre son élan et charrier tout sur son passage, portant avec elle la sueur, les muscles tendus, les yeux plissés à s’en faire mal, l’oubli.

Oh, ils ont été nombreux à nous jouer ce tour, ces derniers temps; la perfection rétro, un son à vous demander en quelle année nous sommes, Mon Dieu où ai-je mis cette satanée chemise à jabot ? Mais il y a autre chose ici, avec ce groupe, The Shakes, et cette chanson, ‘You ain’t alone’.

Une composition parfaite, une chanson qui ne cesse de prendre sa respiration pour devenir plus forte encore. Un son sali juste comme il faut. Surtout, une chanteuse incroyable, à la voix puissante et abîmée, mariage improbable des deux voix sus-citées. Elle geint, se brise, se relève comme une Janis Joplin. Elle a le sens des envolées, des pauses et des accélérations digne d’un Otis Redding. Blessée, caressante, écorchée, hurlante, abîmée, violente, lourde, aérienne, vindicative, épuisée, vivante, tout ça en quatre minutes.

The Shakes viennent d’Athens, dans l’Alabama. Ils ne prétendent rien faire d’autre que du ‘soul revival’. Ils jouent dans les pubs et des salles des fêtes, se font photographier au flash, ne semblent rien chercher d’autre que le plaisir de jouer.

Plaisir partagé, donc.

Update : Ils s’appellent désormais ‘Alabama Shakes’

Merci à Aquarium Drunkard pour la découverte.