La Blogothèque

WU LYF, at last

WU LYF donnait, mardi et mercredi, ses deux premiers concerts parisiens. Plus d’un an après la découverte. Les voir enfin. Un an d’attente, d’excitation et d’espoirs pas déçus.

Sur l’échelle de l’impatience, je crois que l’attente du premier concert parisien de WU LYF bat tous les concert de Sufjan Stevens de ma vie.

J’en ai fatigué des gens, à vouloir communiquer ma passion, ma certitude que ces gamins-là avaient un truc en plus, à leur raconter comment un beau jour un “Heavy Pop” m’était tombé dessus sans crier gare ! Que c’était neuf, éreintant, hymnique, poignant. Que c’était ce groupe inattendu, celui qui te sauve de l’écoute du nouveau disque décevant d’un groupe qui s’est perdu en chemin. La bouffée d’oxygène, qui à l’heure où tout le monde guette Brooklyn vient de là où on ne l’attendait pas.

Ces petits Mancuniens, j’ai eu l’impression de les couver et de les porter à bout de bras à la fois, pendant tout ce temps.

Je l’avoue, j’ai été inquiète à la première écoute de l’album, bien trop plat, et cette nouvelle version de “Cave Song”, un saccage.
Je me suis sentie dépossédée, souvent, par la presse, hystérique après la guerre. J’ai été déboussolée par le groupe, si peu fidèle à son discours et donnant des interviews à tout bout de champ, parfois pour des torchons absolus.

Et puis je me suis souvenue, que ce ne sont que des gosses, un peu paumés, dépassés par le succès de leur machine si bien huilée, que cet album – quel album ! – n’est que le premier, et que si “Cave Song” est un ratage, la nouvelle version de “Concrete Gold” est brillante. Que si on entend bien trop peu cette batterie, on sait déjà que sur scène, ça ne peut être explosif, que le potentiel est là.
Chez WU LYF, même les failles augurent du meilleur.

Les voir, enfin. Après plus d’un an d’attente et pas mal d’occasions manquées. A ce stade-là, il n’y a plus de peur, juste le regard fier et bienveillant. Celui d’un parent devant le spectacle de fin d’année de sa progéniture.

Il y a eu les balances et ces quelques notes de “We Bros”, mon menton a un peu tremblé, oui, mais ça n’était pas grand-chose à côté de ce qui nous attendait vraiment. Une tempête dans une minuscule cave.
Une toute petite heure à dégouliner, hurler, danser, à se regarder avec nos sourires béats.

Quelques tikitikitikiti pompompompom pour conforter tous mes espoirs. Finir le concert avec “Heavy Pop”, le morceau de la découverte, pour boucler la boucle en beauté et sortir de là, complètement sonnée.

On s’est demandé ce qu’on allait bien pouvoir écrire de moins bête que “c’était incroyable” pour expliquer ça, mais je n’ai pas encore trouvé.

Les espoirs n’ont pas été déçus et je renouvelle ma déclaration d’amour – celle que je leur ai faite hier soir au Point Éphémère, bégayante mais sans retenue – en attendant le prochain concert et un nouvel album.
C’est reparti pour l’impatience.