La Blogothèque

Wolly Jumpers and co

Il fallait en avoir du flair, du courage et du goût pour rééditer un groupe estonien des années 60 et 70 en 45 tours… Ce pari, un peu fou, a été l’oeuvre du label Wool recordings, sur lequel nous vous proposons un coup de projecteur aujourd’hui. Notre lampe torche ne suffira pas à tout vous dévoiler du catalogue du label. Oh, le nombre de références n’est pas encore écrasant, mais entre les albums, les compils, les singles, les rééditions, les CDs et les vinyls, il est comme un bric-à-brac d’étonnements divers et variés, par leur contenu ou leur format.

Revenons à Collage, groupe dont nous vous avions déjà parlé il y a un moment, réédité en Russie il y a une dizaine d’années, mais rendu accessible dans nos contrées par le pari de Frank Rabeyrolles, fondateur du label, comme le prolongement d’un coup de cœur. Le vinyle 12’50 a précédé, en 2006, une sorte de best of époustouflant par sa fraîcheur, et juste incroyable si on veut bien se souvenir que ce groupe a développé son répertoire dans l’URSS de Brejnev. Paru en 2009 sous le titre Forty Seven Minutes four seconds, vous n’y capterez rien car tous les lyrics sont en estonien, mais ce carrefour entre jazz, pop, chansons ancestrales et soul possède encore une magie qui en fait le joyau du catalogue.

Avant Collage, il y eu la raison d’être de la maison : Double U, mais aussi un peu plus tard, Franklin, les projets du maître de maison. “Avant d’être un label, Wool Recordings était un magasin de disque indépendant a Montpellier, ville dont je suis originaire, nous raconte Frank. Mais le label a été créé à Paris quand j’ai arrêté le magasin en 2004/ 2005. C’était, au départ, pour sortir le premier album de Double U, Life Behind the Window”. Depuis, il y eut encore le LP The Pineapple Dream sous la même identité, puis plus récemment Every Now and Then sous l’étiquette de Franklin, des essais qui traversent plusieurs frontières entre la pop et l’electronica. “Big City” vous renverra à quelques repères connus sur le territoire de Sébastien Schuller.

D’autres textures, faites de guitares travaillées, enroulées autour de rythmes digitales, peuvent évoquer Red. A l’image de “Breathing The Wind”, très bon potentiel de BOF, c’est une musique qui suggère, défriche, suit son propre de chemin. Pas de refrain entêtants, mais des instants auxquels on se raccroche et qui dessinent une griffe.

Enfin, dans ce catalogue, il y a tous les groupes qui incarnent le désir d’ouverture et la curiosité du patron et qui ont trouvé leur place ces deux dernières questions. Parmi les artistes en question, citons le folkeux Luther Russell ou les Français de Suddenly Sunshine, couvés par Wool jusqu’à leur éclosion discographique (le EP Summer Days).

Et puis, il y a surtout ces compils qui définissent Wool comme une “maison d’artistes plus qu’un label avec des signatures”. Nous ne saurions que trop vous recommander un coup d’oreille sur le EP Wooly Jumpers, un maxi 45 groupant sous une même pochette jaune Castanets, Peter Broderick, Laetitia Sadier (ex-Stereolab) et Double U, petit frère d’une authentique compil’ de 18 titres où vous rencontrerez les recommandables Dave Bigsby, Junkboy, Lesser Gonzale Alvarez ou Montag.

La suite annoncée, c’est La Piscine, un projet piloté par Laetitia Sadier avec des inédits de Richard Swift, Superbravo ou Rebecca Gates. Fin juin si tout va bien. Longue vie à Wool Recordings.

Le site officiel de Wool Recordings

Le catalogue

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