La Blogothèque
Mercredix

Recueil de Clasicos

C’est bête, on y avait pris goût. Mardi : Dr House. Mercredi : Barça – Real. Jeudi : Desperate Housewives. Mais le meilleur feuilleton des trois, celui du milieu, s’est arrêté brutalement, avec le gentil qui gagne à la fin. Pour ceux qui n’auront pas leur dose de toque aujourd’hui, nous avons cherché à compenser avec un mercredix consacré à 100% à la scène espagnole, bien dans l’esprit de la Roja : Madrilènes, Barcelonais et pouilleux dans un même ensemble harmonieux. Ceux qui contesteront l’arbitrage prendront cinq matches, comme Mourinho.

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1. DON NINO – Porque te vas (2008)

Totalement incontournable dans une liste consacrée à la pop espagnole, Porque te vas est ici proposée par le filtre de Don Nino qui, comme son nom ne l’indique pas, est français. Nicolas Laureau, alias Monsieur Prohibited records et tiers de NFL3, l’a enregistrée pour les besoins d’un album de reprises très troublant. La version de Jeanette est en bout de liste, pour les puristes.

2. REFREE – Inventario (2003)

Refree, alias Raül Fernandez, comme son nom l’indique (cette fois !), est bien espagnol. Ce groupe est l’un des poids lourd du fantastique label Acuarela dont les trois compils parues entre 2001 et 2003 sont juste aussi incontournables dans vos discothèques que Xabi Alonso dans l’entrejeu du Real. Nones , paru en 2003, est l’œuvre la plus éclatante du Barcelonais, dont la musique, faite de contrastes subtils et d’une générosité toute catalane, correspond à ce qu’on peut ressentir dans les rues de la cité.

3. AROAH – Tell Noah about the rain (2002)

Derrière un nom de groupe, là encore, un artiste quasi solo, Irene Rodriguez Tremblay, madrilène, actrice elle aussi du bouillonnement Acuarela. No Podemos ser amigos , premier vrai album de la demoiselle, a délimité d’emblée un territoire mouvant entre le folk et la pop, entre l’espagnol et l’anglais, ici promu avec la même assurance qu’une déesse de la scène londonienne.

4. MODULAR – Zapatofono

On triche un peu, Modular est un duo argentin (Mariana Badaracco et Pablo Dahy) mais on le doit au label Elefant Records, maison espagnole créée et développée dans le sillage du fanzine “La Línea Del Arco”, à partir de 1989. Où est le problème ? Reproche-t-on à Messi de ne pas être espagnol ? Sur leurs disques, se déploient des petits bijoux de revival de pop 60’s nostalgiques. Le Burgalat espagnol est un duo argentin.

5. MIGALA – Gurb song (1999) :

Le parrain de l’indie-pop espagnole se pose là avec son assurance, sa voix mâle, sa poésie, et surtout le message que rien ne sera jamais comme avant. Migala, il y a quinze ans, a ni plus ni moins que révolutionné la place de Madrid dans la carte de la pop européenne. En 1999, quand paraît ce deuxième album Asi Duele un verano , Constellation pousse ses premiers cris de l’autre côté de l’Atlantique, et pourtant cette vénéneuse “Gurb Song” (habitée par Arab Strap) précède immédiatement sur le disque les cordes malades de “Guetaria”, digne des meilleures expérimentations du label canadien. Les voici enchaînées.

6. ANNI B SWEET – Take on me (2009)

Ana López Rodriguez est andalouse, et pourtant elle se joue de la suprématie de Madrid et de Barcelone avec une facilité écoeurante. Devenue mainstream en 2009 avec Start, restart, Undo , chez Subterfuge, l’officieux label indie N.1 en Espagne, elle s’appuie sur un folk sans surprise majeure, sinon cette désarmante reprise d’un classique du Top 50 qu’on aurait préféré vous laisser identifier en fermant les yeux. S’il est encore temps, allez-y, c’est génial. Et, non, ce n’est pas Coco Rosie : Anni B Sweet, on vous dit.

7. LA BIEN QUERIDA – 9.6 (Milkyway Dreamy remix) (2009)

Même itinéraire pour une autre demoiselle, Ana Fernández-Villaverde, chez Elefant cette fois. Sous l’apparente perfection pop de ce morceau, avec un petit côté “Twenty-Two Bar” pour ceux qui se souviennent du Dominique A jeune, se planque un remix en bonne et due forme d’un morceau initialement plus conforme à l’esthétique dance-floor qui fait la signature de La Bien Querida. Parfois, le remplaçant est meilleur que le titulaire, c’est la vie.

8. ASTRUD – Lo popular (2010)

Duo barcelonais au CV déjà bien fourni, Astrud fait claquer le castillan sur des rythmes, des accords et des sonorités un rien tziganes. On soulignera des formules qui font rêver : « Entre Super Mario Galaxy y las exageraciones de la teodicea medieval hay paralelismos, y no es casualidad » ; « Entre Super Mario et les exagérations de la theodicée médiévale, il y a des ressemblances et ce n’est pas le hasard ». C’est confirmé : à Barcelone, tout est plus élaboré qu’ailleurs.

9. SINGLE – Fotos (2010)

Teresa Iturrioz et Ibon Errazkin ont du sang basque, ou alors ils ont volé leur nom en payant l’arbitre, mais cette chanson pleine de sève est un tango composé avec un bontempi. Une touche de rétro par ci, un accord de bossa par là, un solo jazzy au bout : une musique aussi colorée que les tenues de soirée qui défilent dans la video.

10. MARGARITA – Arde la gente (2009)

Ouvrez grand les portes du garage, évacuez les voisins, remettez vos tenues grunge de quand Nirvana ressemblait à la fin de l’histoire, et appuyez sur play. Brouillonne, déglinguée mais euphorisante, sorte de Vampire Weekend sale, la musique de Margarita satisfera les assoiffés de pur rock n’ roll, de sensations viriles et de punk. Un peu comme si Stoke City jouait en Liga. On a beau être en Espagne, gare aux chevilles.