La Blogothèque
Mercredix

Loneliness Conquered

Le Mercredix déclare l’indépendance des membres! Nous rendons ici hommage aux one-man bands, aux femmes et hommes-orchestres et à plus de soixante ans de traversées musicales en solitaire.

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1- Abner Jay – I’m So Depressed (One Man Band – 2005)

Toute la solitude et le désespoir de l’homme-orchestre dans un vertigineux et poignant appel au secours. À chaque écoute de ce morceau, une partie de moi décède dans un juke-joint moisi du Mississippi, le sourire aux lèvres. Du blues non distillé, à consommer jusqu’à la cirrhose.

2 – Jesse Fuller – San Francisco Bay Blues (Working On The Railroad – 1955)

Quarante ans avant Jon Spencer, Jesse Fuller évinçait le facteur bassiste de l’équation blues en bricolant le fotdella, petite contrebasse qu’il pouvait faire sonner de son pied droit. Et parce que les images valent mieux qu’un discours vaseux, je vous laisse découvrir l’instrument en action par ici.

3 – Hasil Adkins – No More Hot Dogs (Out To Hunch – 1986 )

Hasil Adkins, c’est le voisin fêlé sur qui circulent les pires légendes. J’imagine que les gamins de Madison devaient se faire dessus à chaque fois qu’il fallait récupérer le ballon perdu dans le jardin du vieux barjot. En attendant, l’Elvis From Hell originel aura laissé derrière lui un répertoire de quelques 7000 chansons (traitant pour la plupart de poulet, de vodka et de têtes tranchées) et une génération d’ados à problèmes pour disciples, Lux Interior en tête.

4 – U.S. Girls – The Mountain’s High (Go Grey – 2009)

La légende veut que Hasil Adkins se soit mué en homme orchestre en entendant Hank Williams à la radio, persuadé que le chanteur jouait lui-même de tous les instruments. La même idée saugrenue a dû traverser la tête de Megan Remy à l’écoute de Metal Machine Music. Le résultat: beaucoup de pédales d’effets, pas mal de cran et des performances solos qui font autant de bruit qu’une chorale de marteaux-piqueurs.

5 – Buck 65 – Roses And Blue Jays (Talkin’ Honky Blues – 2003 )

On évoquait il y a peu les premières performances scéniques de Buck 65. On se souvient, ému, quand d’une main sur la platine et l’autre sur le micro, l’oncle Buck convoquait à lui seul les fantômes de Son House, de Woody Guthrie et de Johnny Cash. L’orchestre idéal, en somme.

6 – Don Partridge – Rosie (Don Partridge – 1968)

Préférant le bitume aux planches, l’autoproclamé “King Of The Buskers” (le roi des musiciens de rue) aura, entre deux arrestations, réussi à placer une poignée de singles dans les charts anglais. Le plus étrange hommage viendra des autorités suédoises au travers de la bien nommée “Lex Partridge”, circulaire visant à régir la mendicité sur la voie publique.

7 – Bloodshot Bill – Leave Me Alone (Git High Tonite! – 2009)

Bloodshot Bill ou la Delorean speedée qui te ramène en 1958. Ici pas de bal de promo ni de pantalons à pinces, mais du rock graisseux et gominé, des bastons au cran d’arrêt et des MST attrapées au drive-in. Sur scène, ça sue et ça suinte, ça crache et ça grogne, et nous, on remue frénétiquement du pelvis.

8 – Bob Log III – Daddy Log’s Drive In Candy Hoppin’ Car Babes (Trike – 1998)

Le jour viendra où les rednecks décrocheront les images de Jésus ornant les murs de leurs mobil-homes crasseux pour y apposer un portrait de Bob Log III. Car, en collants spandex et caché derrière son casque d’aviateur, il incarne à lui seul la Sainte Trinité des hillbillies : la slide-guitar, le mauvais scotch et l’amour des grosses poitrines.

9 – Dan Deacon – Paddling Ghost (Broms t – 2009)

De tous les artistes “électroniques” se produisant en solitaire, Dan Deacon est la variante contemporaine qui s’approche le plus du one-man band traditionnel. L’homme-discothèque en quelque-sorte, brouillant les frontières entre musicien, entertainer et acrobate.

10 - La dernière piste de ce Mercredix est dédiée aux one-man bands qui souffrent d’une absence de disponibilité sur Spotify. Donc mention spéciale au bordelais Fredovitch (le claviériste fou des Shrines) et à André Duracell, le batteur qui ne s’arrête jamais.