La Blogothèque
Mercredix

Hellfest, Troops Of Doom

N’en déplaise à Christine, la Blogo a décidé cette année de se muscler un peu, de réviser les mouvements élémentaires du Headbanging pour aller couvrir le Hellfest Open Air. En attendant le live-report du festival, voici une sélection de nos groupes préférés parmi une programmation pointue et exhaustive, regroupant une centaine d’artistes issus du métal, du punk et du hardcore. Il ne vous reste plus qu’à prier pour notre survie, le mosh-pit est un univers impitoyable.

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1 – Judas Priest – The Ripper (Sad Wings Of Destiny – 1976)

Louons les éternels seconds couteaux, tranchant de leurs twins solos nos cuirs de rockers policés. Rendons hommage aux envolées opératiques de Rob Halford, plus perçantes encore que les clous ornant ses tenues de scène. Et que les prêtres noirs qui définirent le son impie dont s’abreuva Albion une décennie durant soient sanctifiés. Amen, etc. (FVn )

2 – Ozzy Osbourne – I Don’t Know (Blizzard Of Ozz – 1980)

Quand il ne se noie pas dans le globiboulga goblinesque (l’intro de Mr Crowley, seigneur…), ou qu’il n’impose pas à la vue du téléspectateur américain le morbide taux de cholestérol familial (qui, cumulé, doit frôler celui de la Boo Ya Tribe), Ozzy reste le papa de tout ce qui est noir avec des crucifix renversés. Parce qu’avec un répertoire pareil, on se fout un peu de ce qu’il fait en ce moment, et parce que vu les marteleurs de riffs dont il a su s’entourer, du pape Tony Iommi au regretté Andy Rhoads (que l’on entend, justement, là), on sait juste qu’on va mosher notre putain de race. (NNs )

3 – Cavalera Conspiracy – Electric Funeral (Black Sabbath cover) (Blunt Force Trauma – 2011)

ll paraît qu’un groupe brésilien dans lequel jouent Andres Kisser et Paulo Jr. se fait encore appeler Sepultura. C’est moche. Parce que les retrouvailles des frangins Cavalera dans cette méchante conspiration nous rappellent que pendant plus de dix ans, Sepultura a été le meilleur, le plus innovant, et le plus vivant groupe de metal du monde. Ici un petit hommage aux tontons de Black Sabbath, en attendant la reprise du mythique “Troops of Doom” sur scène. (NNs )

4 – Melvins – Goin’ Blind (Houdini – 1993)

Melvins est le nœud, l’explication de texte. Le crossroad dans son acceptation robertjohnsonienne. La résolution de l’énigme du rock alternatif américain des années 1990. À la fois Black Flag, Black Sabbath et Metallica, Melvins à lui seul pose les bases du grunge, définit le stoner, introduit le drone, parraine le doom… (NNs )

5 – Morbid Angel – Blasphemy (Altars Of Madness – 1989)

1989, avis de tempête glaciale sur la Floride. L’ouragan blasphématoire – répondant au doux nom de Morbid Angel - balaye sur son passage les vestiges corrompus d’un hard rock à la dérive. Sur les cadavres encore tièdes, les anges noirs de Tampa bâtissent l’Église païenne du death metal, dont le clocher effleurera même un temps le sacro-saint sommet des charts. (FVn )

6 – Mayhem – Freezing Moon (De Mysteriis Dom Sathanas – 1994)

Un classique tiré de De Mysteriis Dom Sathanas , premier véritable album de Mayhem après sa mutation en astre black metal et en même temps dernier album de son guitariste Euronymous et de son chanteur Dead (dont seuls les textes apparaissent ici, chantés par Attila Csihar, croisé récemment avec Sunn O)))). Depuis, l’agitateur de la bande, Varg Vikernes est sorti de prison et continue à être un type haïssable, et Mayhem s’est transformé en machine de festivals qui crame désormais plus d’amplis que d’églises. On ne doute pas que quelques vikings aux cheveux sales célèbreront après demain (8 avril), le vingtième anniversaire du suicide de Dead. (DJB )

7 – Converge – Eagles Become Vultures (You Fail Me – 2004)

Quand, en 1998, Refused annonce la forme du punk à venir, Converge en retient le principe plus que le réalisé : le punk doit s’engraisser au contact de ses cousins malfrats. Du grind au screamcore, tout ce qui hurle, tape fort, vite et sans détour, et donne envie de se battre va faire de Converge le superhéros mutant de la brutalité. (NNs )

8 – Iggy And The Stooges – Search and Destroy (Raw Power – 1973)

Tout a été tellement dit au cours des 2 dernières années sur Raw Power , les conflits entre les mix de Bowie et d’Iggy, la relégation de Ron Asheton à la basse au profit d’un proche du clan Bowie – James Williamson – à la 6 cordes, le changement au nom « The Stooges » en « Iggy and the Stooges »… Reste l’évidence, et la chose qui à notre corps défendant nous mettra toujours d’accord avec Philou Manœuvre : Raw Power est le mètre étalon de la sauvagerie. (NNs )

9 – Monster Magnet – Brainstorm (Hawkwind cover) (Superjudge – 1993)

Coincé au fin fond du New Jersey, le petit Dave Windorf rêve de déserts brûlants, de peyotl et de jouer de la guitare dans Hawkwind. 20 ans plus tard, le voilà devenu une pharmacie ambulante à la tête du meilleur groupe de stoner américain. Qui reprend au passage “Brainstorm”, l’air de rien, tranquille t’as vu. Morale de l’histoire : « Quand on veut on peut » ou « il faut croire au rêve américain ». (FVn )

10 – Hawkwind – Motorhead (Kings Of Speed EP – 1975)

Ian “Lemmy” Kilmister est la meilleure chose qui soit arrivée à Hawkwind, métamorphosant de son jeu de basse musclé un groupe de hippies à flûte en motards de l’espace sentant le cuir et la bière de table. Qui le lui ont d’ailleurs bien rendu en le foutant dehors pour abus de drogues, ignorant qu’ils libéraient en réalité le Kraken. On ne leur en voudra pas, Motorhead est la meilleure chose qui soit arrivée à la musique. (FVn )

Mercredix élaboré avec Noisenews et dédié à Patrick ROY.